Le nombre 108 en Chine

108 est un nombre très important dans la culture chinoise, surtout dans le bouddhisme, le taoïsme, la littérature et les arts martiaux. Ce n’est pas simplement un « chiffre porte-bonheur » comme le 8 : sa symbolique est beaucoup plus ancienne et spirituelle.

Dans le bouddhisme, 108 représente traditionnellement les 108 passions, attachements ou afflictions qui troublent l’être humain et l’empêchent d’atteindre l’éveil. C’est pourquoi les chapelets bouddhistes, 念珠 (niànzhū), comportent très souvent 108 perles. Le nombre s’est ensuite largement diffusé dans la culture religieuse chinoise.

Dans le taoïsme et la cosmologie chinoise, 108 apparaît également comme un nombre exprimant une certaine totalité. On rencontre notamment la tradition des 108 étoiles/destinées, avec 36 étoiles célestes (三十六天罡) et 72 étoiles terrestres (七十二地煞) : 36 + 72 = 108.

C’est particulièrement célèbre dans le roman classique chinois 《水滸傳》 Shuǐhǔ Zhuàn, Au bord de l’eau, où les 108 héros de Liangshan correspondent symboliquement aux 36 天罡 et aux 72 地煞, cela devient très intéressant pour les arts martiaux chinois. On retrouve énormément de séries de 108 techniques ou mouvements : certaines formes de Taijiquan, des systèmes de Shaolin, des méthodes de combat, des armes, etc. Dans beaucoup de cas, « 108 » signifie moins « il existe exactement 108 techniques fondamentales depuis l’origine » que l’idée d’un système complet, organisé comme un ensemble.

 

Les 36 étoiles célestes Tiangang et les 72 étoiles terrestres Disha

三十六天罡七十二地煞

Les 108 divinités stellaires de la tradition chinoise

1. Présentation générale

Les 36 Tiangang (三十六天罡) et les 72 Disha (七十二地煞) sont des divinités associées aux étoiles dans les croyances populaires chinoises et le taoïsme.

Dans les récits mythologiques, ces 108 divinités sont souvent associées aux 28 demeures lunaires (二十八宿). Ensemble, elles constituent des puissances surnaturelles capables de soumettre les démons, de chasser les mauvais esprits et de combattre les forces malfaisantes.

Selon certaines traditions taoïstes, le groupe d’étoiles entourant la Grande Ourse comprend 36 étoiles Tiangang. Chacune possède une divinité protectrice. Ces 36 divinités sont collectivement appelées les 36 Généraux célestes.

Il existe également 72 étoiles Disha, associées chacune à une divinité, formant ainsi les 72 Esprits ou Généraux terrestres.

Le nombre total est donc : 36 + 72 = 108

Ce nombre possède une importance considérable dans la cosmologie religieuse chinoise, mais également dans la littérature traditionnelle.

2. Les 108 héros du roman Au bord de l’eau

Dans le célèbre roman chinois Au bord de l’eau (水滸傳, Shuǐhǔ Zhuàn), les 108 héros du mont Liangshan sont répartis en deux groupes :

  • Les 36 chefs correspondant aux étoiles célestes Tiangang.

  • Les 72 chefs correspondant aux étoiles terrestres Disha.

Cette organisation reflète directement l’influence des croyances taoïstes.

Dans les Événements de l’ère Xuanhe (宣和遺事), on trouve le passage suivant :

« Le Livre céleste confia au palais des Tiangang trente-six valeureux généraux et désigna Song Jiang, surnommé le Protecteur de la justice, comme leur commandant. Ils devaient répandre la loyauté et la droiture, et anéantir les traîtres et les êtres pervers. »

Le chapitre 70 du roman Au bord de l’eau contient également cette phrase :

« Les trente-six Tiangang descendent dans le monde des hommes, tandis que les soixante-douze Disha bouleversent les plaines centrales. »

Par extension, ces divinités stellaires sont devenues des symboles de courage, de détermination et d’héroïsme face aux dangers.

3. Les 36 étoiles célestes et leurs héros

Voici les 36 étoiles Tiangang telles qu’elles sont associées aux héros du roman.

Étoile céleste Héros et surnom
1. 天魁星 — Tiankui Song Jiang (宋江), la Pluie opportune
2. 天罡星 — Tiangang Lu Junyi (盧俊義), la Licorne de jade
3. 天機星 — Tianji Wu Yong (吳用), l’Étoile de l’intelligence
4. 天閒星 — Tianxian Gongsun Sheng (公孫勝), le Dragon entrant dans les nuages
5. 天勇星 — Tianyong Guan Sheng (關勝), le Grand Sabre
6. 天雄星 — Tianxiong Lin Chong (林沖), la Tête de panthère
7. 天猛星 — Tianmeng Qin Ming (秦明), le Feu du tonnerre
8. 天威星 — Tianwei Huyan Zhuo (呼延灼), les Doubles Fouets
9. 天英星 — Tianying Hua Rong (花榮), le Petit Li Guang
10. 天貴星 — Tiangui Chai Jin (柴進), le Petit Tourbillon
11. 天富星 — Tianfu Li Ying (李應), l’Aigle qui frappe le ciel
12. 天滿星 — Tianman Zhu Tong (朱仝), le Seigneur à la belle barbe
13. 天孤星 — Tiangu Lu Zhishen (魯智深), le Moine fleuri
14. 天傷星 — Tianshang Wu Song (武松), le Pèlerin
15. 天立星 — Tianli Dong Ping (董平), le Général aux deux lances
16. 天捷星 — Tianjie Zhang Qing (張清), la Flèche sans plume
17. 天暗星 — Tian’an Yang Zhi (楊志), la Bête au visage bleu
18. 天佑星 — Tianyou Xu Ning (徐寧), le Lancier à la lance d’or
19. 天空星 — Tiankong Suo Chao (索超), l’Avant-garde impétueuse
20. 天速星 — Tiansu Dai Zong (戴宗), le Messager aux déplacements surnaturels
21. 天異星 — Tianyi Liu Tang (劉唐), le Démon aux cheveux roux
22. 天殺星 — Tiansha Li Kui (李逵), le Tourbillon noir
23. 天微星 — Tianwei Shi Jin (史進), le Dragon aux neuf tatouages
24. 天究星 — Tianjiu Mu Hong (穆弘), l’Inarrêtable
25. 天退星 — Tiantui Lei Heng (雷橫), le Tigre ailé
26. 天壽星 — Tianshou Li Jun (李俊), le Dragon des eaux troubles
27. 天劍星 — Tianjian Ruan Xiao’er (阮小二), le Grand Tai Sui terrestre
28. 天平星 — Tianping Zhang Heng (張橫), le Batelier
29. 天罪星 — Tianzui Ruan Xiaowu (阮小五), le Deuxième frère à la vie courte
30. 天損星 — Tiansun Zhang Shun (張順), la Blancheur des vagues
31. 天敗星 — Tianbai Ruan Xiaoqi (阮小七), le Roi des enfers vivant
32. 天牢星 — Tianlao Yang Xiong (楊雄), le Guan Suo malade
33. 天慧星 — Tianhui Shi Xiu (石秀), le Troisième frère prêt à mourir
34. 天暴星 — Tianbao Xie Zhen (解珍), le Serpent à deux têtes
35. 天哭星 — Tianku Xie Bao (解寶), le Scorpion à deux queues
36. 天巧星 — Tianqiao Yan Qing (燕青), le Jeune libertin

4. Les noms des 36 divinités célestes dans une autre tradition

Le texte présente également une liste de divinités portant les mêmes noms stellaires, mais distinctes des héros du roman.

Ces noms sont :

Divinité
1 天魁星 高衍 — Gao Yan
2 天罡星 黃真 — Huang Zhen
3 天機星 盧昌 — Lu Chang
4 天閒星 紀丙 — Ji Bing
5 天勇星 姚公孝 — Yao Gongxiao
6 天雄星 施檜 — Shi Hui
7 天猛星 孫乙 — Sun Yi
8 天威星 李豹 — Li Bao
9 天英星 朱義 — Zhu Yi
10 天貴星 陳坎 — Chen Kan
11 天富星 黎仙 — Li Xian
12 天滿星 方保 — Fang Bao
13 天孤星 詹秀 — Zhan Xiu
14 天傷星 李洪玉 — Li Hongyu
15 天玄星 王龍茂 — Wang Longmao
16 天健星 鄧玉 — Deng Yu
17 天暗星 李新 — Li Xin
18 天佑星 徐正道 — Xu Zhengdao
19 天空星 典通 — Dian Tong
20 天速星 吳旭 — Wu Xu
21 天異星 呂自成 — Lü Zicheng
22 天煞星 任來聘 — Ren Laipin
23 天微星 龔清 — Gong Qing
24 天究星 單招 — Shan Zhao
25 天退星 高可 — Gao Ke
26 天壽星 戚成 — Qi Cheng
27 天劍星 王虎 — Wang Hu
28 天平星 卜同 — Bu Tong
29 天罪星 姚公 — Yao Gong
30 天損星 唐天正 — Tang Tianzheng
31 天敗星 申禮 — Shen Li
32 天牢星 聞傑 — Wen Jie
33 天慧星 張智雄 — Zhang Zhixiong
34 天暴星 畢德 — Bi De
35 天哭星 劉達 — Liu Da
36 天巧星 程三益 — Cheng Sanyi

Remarque : le texte chinois donne quelques variantes dans les intitulés stellaires, notamment 天玄/天立, 天健/天捷 et 天煞/天殺. Je les ai conservées selon les passages.

5. Explication taoïste du Tiangang

Le Grand dictionnaire taoïste donne plusieurs significations du terme 天罡 (Tiangang).

Première signification : une partie de la Grande Ourse.

Le Tiangang désigne notamment le manche de la constellation de la Grande Ourse, appelé le manche du Boisseau du Nord (北斗).

Dans le Cantong Qi (參同契), on trouve des références aux orientations de cette constellation au cours des saisons.

Dans le Baopuzi (抱朴子), il est recommandé, dans certaines pratiques rituelles, de visualiser les sept étoiles de la Grande Ourse au-dessus de la tête, leur manche pointant vers l’avant.

Deuxième signification : un principe cosmologique.

Dans différents textes taoïstes, Tiangang représente une force céleste liée aux directions, aux cycles du temps et aux influences astrologiques.

Troisième signification : la pratique rituelle.

Les 36 Tiangang sont invoqués dans certains rituels taoïstes pour éloigner les calamités, les esprits malfaisants et les influences néfastes.

Quatrième signification : une réalité intérieure.

Dans les traditions d’alchimie interne (內丹, Neidan), Tiangang peut désigner le souffle Yang originel, la véritable Terre, ou une énergie spirituelle située symboliquement au centre de l’être humain.

Le Daofa Huiyuan (道法會元) explique :

« Le Tiangang présent dans notre corps est également l’essence Yang, la Terre véritable. Il constitue, dans les pratiques intérieures, la substance de l’élixir. Son centre est le Palais jaune et il se transforme dans le cœur. »

Ainsi, Tiangang ne correspond pas uniquement à des étoiles ou à des divinités extérieures : il possède aussi une interprétation intérieure, cosmologique et spirituelle.

6. Les 36 généraux célestes dans le taoïsme

D’après le texte, les 36 Tiangang sont des généraux divins qui résident symboliquement parmi les étoiles de la Grande Ourse.

Pendant certaines cérémonies religieuses, les prêtres taoïstes les invoquent afin qu’ils descendent dans le monde humain pour repousser les démons et les esprits nuisibles.

Dans le récit consacré à Zhenwu Dadi (真武大帝), le Grand Empereur martial véritable, ces généraux sont décrits comme des divinités soumises à son autorité.

Parmi elles figurent :

  • Les généraux de l’Eau et du Feu, associés à la Tortue et au Serpent.

  • Zhao Gongming (趙公明), maréchal céleste.

  • 關羽Guan Yu (), général divin protecteur.
  • Les maréchaux Lei Kai et Gou Bi.

  • Zhou Guangze, maréchal de la Roue du Vent.

  • Zhang Jian, maréchal de la Loyauté.

  • Xie Shirong, maréchal de la Vertu du Feu.

  • Ma Huaguang, maréchal spirituel.

  • Zhu Yanfu, chargé de punir ceux qui ne respectent pas la Voie.

  • Dang Guiji, maréchal chargé des examens et des jugements.

  • Kang Xi, maréchal de la Bienveillance sacrée.

  • Pang Qiao, maréchal de l’Origine primordiale.

  • Gao Yuan, maréchal des naissances.

  • Yu Tian, maréchal chargé de soumettre les démons.

  • Lei Qiong, maréchal des épidémies et des puissances redoutables.

  • Shi Cheng, maréchal du Tonnerre divin.

  • Wang Tie et Gao Tong, maréchaux de la Colline du Tigre.

  • Li Fulong, maréchal de l’Avant-garde.

  • Zhu Peiniang, la Mère des éclairs.

Dans les croyances populaires, ces divinités peuvent agir conjointement avec les 28 demeures lunaires et les 72 Disha pour repousser les forces démoniaques.

7. Les 72 étoiles terrestres

Les 72 Disha (七十二地煞) désignent, selon la tradition présentée dans le texte, des étoiles liées à des puissances spirituelles terrestres.

Le mot Disha possède plusieurs sens : il peut désigner une étoile d’influence néfaste, un esprit redoutable, une puissance démoniaque ou encore un ensemble symbolique lié aux nombres de la cosmologie chinoise.

Dans les rituels taoïstes, ces puissances ne sont pas nécessairement mauvaises. Elles peuvent être soumises à une autorité divine et mises au service de la protection contre les mauvais esprits.

Les 72 étoiles sont :

N° Nom chinois Traduction indicative
1 地魁星 Étoile du Premier terrestre
2 地煞星 Étoile du Fléau terrestre
3 地勇星 Étoile du Courage
4 地傑星 Étoile de l’Excellence
5 地雄星 Étoile de la Vaillance
6 地威星 Étoile de la Puissance
7 地英星 Étoile du Héros
8 地奇星 Étoile de l’Extraordinaire
9 地猛星 Étoile de la Férocité
10 地文星 Étoile des Lettres
11 地正星 Étoile de la Droiture
12 地闢星 Étoile de l’Ouverture
13 地闔星 Étoile de la Fermeture
14 地強星 Étoile de la Force
15 地暗星 Étoile de l’Obscurité
16 地軸星 Étoile de l’Axe terrestre
17 地會星 Étoile des Rencontres
18 地佐星 Étoile de l’Assistance
19 地佑星 Étoile de la Protection
20 地靈星 Étoile de l’Esprit
21 地獸星 Étoile de la Bête
22 地微星 Étoile de la Subtilité
23 地慧星 Étoile de la Sagesse
24 地暴星 Étoile de la Violence
25 地默星 Étoile du Silence
26 地猖星 Étoile de la Fureur
27 地狂星 Étoile de la Frénésie
28 地飛星 Étoile du Vol
29 地走星 Étoile de la Course
30 地巧星 Étoile de l’Habileté
31 地明星 Étoile de la Clarté
32 地進星 Étoile de l’Avancée
33 地退星 Étoile du Recul
34 地滿星 Étoile de la Plénitude
35 地遂星 Étoile de l’Accomplissement
36 地周星 Étoile du Cycle
37 地隱星 Étoile de la Dissimulation
38 地異星 Étoile de l’Étrangeté
39 地理星 Étoile des Principes terrestres
40 地俊星 Étoile du Talent
41 地樂星 Étoile de la Joie
42 地捷星 Étoile de la Rapidité
43 地速星 Étoile de la Vitesse
44 地鎮星 Étoile de la Stabilisation
45 地稽星 Étoile de l’Examen
46 地魔星 Étoile du Démon
47 地妖星 Étoile de l’Esprit monstrueux
48 地幽星 Étoile du Monde obscur
49 地伏星 Étoile de l’Embuscade
50 地僻星 Étoile de l’Isolement
51 地空星 Étoile du Vide
52 地孤星 Étoile de la Solitude
53 地全星 Étoile de la Complétude
54 地短星 Étoile de la Brièveté
55 地角星 Étoile de l’Angle
56 地囚星 Étoile de l’Emprisonnement
57 地藏星 Étoile du Trésor caché
58 地平星 Étoile de l’Équilibre
59 地損星 Étoile de la Perte
60 地奴星 Étoile de la Servitude
61 地察星 Étoile de l’Observation
62 地惡星 Étoile de la Méchanceté
63 地醜星 Étoile de la Laideur
64 地數星 Étoile du Nombre
65 地陰星 Étoile du Yin
66 地刑星 Étoile du Châtiment
67 地壯星 Étoile de la Robustesse
68 地劣星 Étoile de l’Infériorité
69 地健星 Étoile de la Vigueur
70 地耗星 Étoile de l’Épuisement
71 地賊星 Étoile du Voleur
72 地狗星 Étoile du Chien

Les noms traduits sont indicatifs : ces appellations possèdent parfois plusieurs interprétations religieuses ou littéraires.

8. Récit taoïste : le voyage au palais céleste

Le texte raconte ensuite un voyage spirituel au cours duquel un disciple, Yang Sheng (楊生), accompagné de son maître Ji Fo (濟佛), visite les royaumes célestes et reçoit un enseignement sur les 36 méthodes Tiangang et les 72 techniques Disha.

Le poème d’introduction

Les fleurs célestes et la pluie de la Loi dissipent l’égarement.

Dans la Terre pure, on chemine librement, heureux d’approfondir la Voie.

Les saints Bouddhas, dans le paradis occidental, contemplent librement le monde.

Les immortels véritables écoutent la cithare de jade dans les palais célestes.

Le maître Ji Fo enseigne

Ji Fo dit :

« Les hommes aiment tous les fleurs magnifiques, mais aucune fleur terrestre ne conserve sa beauté pendant cent jours.

À l’inverse, les fleurs répandues par les immortelles célestes ne se fanent jamais, quelle que soit la saison.

Les hommes aiment respirer un air pur, mais le monde terrestre est de plus en plus chargé de poussière et d’impuretés.

Lorsque tombe la pluie de la Loi spirituelle, la terre retrouve le printemps, le cœur s’apaise et l’esprit se rafraîchit.

Ces deux situations montrent clairement la différence entre le pur et l’impur.

Le souffle léger et pur s’élève pour former le Ciel. Le souffle lourd et trouble descend et se condense pour former la Terre.

J’espère donc que les hommes sauront conserver un esprit léger, se débarrasser des soucis et des passions impures pour s’élever vers les royaumes célestes, au lieu de sombrer dans les ténèbres. »

Il invite ensuite Yang Sheng à reprendre son voyage dans les palais célestes.

La signification de « contempler la lumière »

Yang Sheng demande au maître de lui expliquer le sens du mot 觀光 (Guanguang), généralement traduit par « tourisme » ou « visite ».

Ji Fo lui explique que le véritable sens spirituel consiste à se tourner vers la lumière.

Il raconte qu’une coupure d’électricité vient de plonger la salle dans l’obscurité. Les disciples ont aussitôt cherché une lumière pour continuer leur travail.

Le maître déclare :

« Voilà ce que signifie contempler la lumière.

Les hommes voyagent aujourd’hui dans le monde entier pour découvrir les paysages, mais savent-ils réellement chercher la lumière ?

Certains se rendent dans des lieux obscurs pour satisfaire leurs désirs. Ceux-là ne contemplent pas la lumière, mais les ténèbres.

Aujourd’hui, je te conduis dans les palais célestes, où la lumière n’a besoin d’aucune lampe pour briller. »

Yang Sheng se réjouit de pouvoir découvrir ces merveilles.

L’arrivée au palais Shangqing

Le maître et son disciple arrivent au palais de la Pureté supérieure, 上清宮 (Shangqing Gong), dans le royaume céleste de Wuji.

Ils doivent rencontrer Lingbao Tianzun (靈寶天尊), le Vénérable céleste du Trésor spirituel, l’une des grandes divinités du taoïsme.

Yang Sheng décrit le palais :

« Devant nous se dressent de magnifiques édifices qui atteignent les nuages.

De toutes parts s’élèvent des pavillons rayonnants de lumière dorée.

Les palais sont construits de pierres précieuses, de perles, d’agates et de jade, et non de matériaux ordinaires comme les constructions terrestres.

Les fleurs célestes tombent doucement, accompagnées d’une pluie spirituelle.

Les pins et les cyprès restent toujours verts. Les grues blanches se reposent sur les arbres et des poissons dorés nagent dans les bassins célestes.

Aucune poussière du monde humain, aucune souffrance ne vient troubler ce lieu. »

Yang Sheng remarque soudain que des milliers de rayons dorés jaillissent du palais.

Ji Fo explique :

« C’est la lumière de l’enseignement de Lingbao Tianzun. Elle manifeste la puissance des trente-six Tiangang et des soixante-douze Disha, qui rayonne à travers les innombrables mondes. »

La rencontre avec Lingbao Tianzun

Les serviteurs célestes accueillent les visiteurs et les conduisent devant la divinité.

Lingbao Tianzun leur offre un nectar céleste, puis déclare :

« Vous transmettez les enseignements de la Voie suprême, les principes de Confucius et la doctrine du Bouddha.

Vous avez accompli une œuvre méritoire en guidant les êtres humains.

Puisque vous êtes aujourd’hui venus dans le royaume de Shangqing, je vais vous transmettre les principes de la véritable Loi du Trésor spirituel.

Je fais partie des Trois Purs et je suis chargé de l’administration des méthodes spirituelles.

Les pratiques du monde ne sortent pas du domaine des trente-six méthodes célestes Tiangang et des soixante-douze techniques terrestres Disha.

Cependant, aucun homme ne possède aujourd’hui l’intégralité de ces connaissances. »

Pourquoi les anciennes techniques auraient disparu

Lingbao Tianzun poursuit :

« Le cœur des hommes est devenu perfide et leurs intentions sont souvent mauvaises.

Ceux qui possèdent des pouvoirs spirituels risquent de les utiliser pour commettre le mal, au lieu de cultiver leur nature profonde et leur vertu.

C’est pourquoi les véritables pratiques ont progressivement disparu du monde humain.

Je les ai rappelées dans le palais de Shangqing afin qu’elles ne tombent pas entre de mauvaises mains.

Les trente-six Tiangang et les soixante-douze Disha englobent d’innombrables méthodes.

Mais toutes les méthodes retournent à une origine unique : le cœur et l’esprit.

Aujourd’hui, je vais donc te transmettre une méthode intérieure qui te permettra de comprendre cette vérité. »

Le Vénérable céleste explique ensuite que les progrès scientifiques et techniques peuvent être interprétés symboliquement comme des équivalents modernes des anciens pouvoirs.

Cette comparaison entre les pouvoirs mythologiques et les inventions modernes est un enseignement religieux et allégorique, non une explication scientifique de l’origine des technologies.

9. Les 36 méthodes célestes Tiangang

天罡三十六法 — Tiangang Sanshiliu Fa

Dans le texte, les 36 méthodes sont considérées comme des pouvoirs extraordinaires permettant d’agir sur les forces de la nature, le temps, l’espace, les êtres vivants et les phénomènes surnaturels.

N° Nom chinois Traduction française
1 斡旋造化 Manipuler les transformations de la création
2 顛倒陰陽 Inverser le Yin et le Yang
3 移星換斗 Déplacer les étoiles et modifier les constellations
4 回天返日 Faire retourner le ciel et le soleil
5 喚雨呼風 Appeler la pluie et invoquer le vent
6 振山撼地 Ébranler les montagnes et faire trembler la terre
7 駕霧騰雲 Chevaucher le brouillard et s’élever sur les nuages
8 劃江成陸 Séparer les fleuves pour faire apparaître la terre
9 縱地金光 Parcourir la terre sous la forme d’une lumière dorée
10 翻江攪海 Soulever les fleuves et bouleverser les mers
11 指地成鋼 Transformer la terre en acier
12 五行大遁 Maîtriser les grandes évasions des Cinq Éléments
13 六甲奇門 Utiliser les arts mystérieux des Six Jia et du Qimen
14 逆知未來 Connaître l’avenir à l’avance
15 鞭山移石 Fouetter les montagnes et déplacer les rochers
16 起死回生 Ressusciter les morts
17 飛身托跡 Faire voler son corps et transporter sa présence
18 九息服氣 Absorber le souffle vital en neuf respirations
19 導出元陽 Extraire le Yang originel
20 降龍伏虎 Soumettre le Dragon et maîtriser le Tigre
21 補天浴日 Réparer le ciel et baigner le soleil
22 推山填海 Déplacer les montagnes pour combler les mers
23 指石成金 Transformer la pierre en or
24 正立無影 Se tenir debout sans projeter d’ombre
25 胎化易形 Transformer son corps et changer d’apparence
26 大小如意 Modifier librement la taille des choses
27 花開頃刻 Faire éclore instantanément les fleurs
28 遊神御氣 Faire voyager l’esprit et maîtriser le souffle
29 隔垣洞見 Voir à travers les murs
30 回風返火 Faire retourner le vent et refluer le feu
31 掌握五雷 Maîtriser les Cinq Tonnerres
32 潛淵縮地 Plonger dans les profondeurs et contracter les distances
33 飛砂走石 Faire voler le sable et les pierres
34 挾山超海 Transporter une montagne et franchir les océans
35 撒豆成兵 Transformer des graines en soldats
36 釘頭七箭 Utiliser les Sept Flèches contre la tête

Explications détaillées des 36 méthodes

1. 斡旋造化 — Manipuler la création

Pouvoir de transformer les lois de la création, de faire apparaître quelque chose à partir de rien et de transformer la mort en vie.

Selon la légende, la déesse Nüwa (女媧) aurait utilisé un pouvoir comparable pour créer l’humanité.

2. 顛倒陰陽 — Inverser le Yin et le Yang

Permet de transformer la nuit en jour et le jour en nuit, bouleversant ainsi l’ordre naturel.

3. 移星換斗 — Déplacer les étoiles

Pouvoir de modifier l’emplacement des étoiles et l’ordre des constellations célestes.

4. 回天返日 — Faire retourner le soleil

Permet, par une force surnaturelle, de modifier la course du soleil.

5. 喚雨呼風 — Commander les vents et la pluie

Technique permettant d’invoquer les phénomènes météorologiques, de faire souffler le vent et tomber la pluie.

6. 振山撼地 — Ébranler les montagnes

Pouvoir de provoquer une force semblable à un tremblement de terre, faisant vibrer montagnes et sols.

7. 駕霧騰雲 — Chevaucher les nuages

Technique de déplacement aérien.

Au premier niveau, un brouillard apparaît sous les pieds et permet de s’élever.

À un niveau supérieur, le pratiquant peut voyager sur les nuages et parcourir d’immenses distances en un instant.

8. 劃江成陸 — Séparer les eaux

Permet de diviser les eaux d’un fleuve, d’un lac ou de la mer pour révéler la terre située au-dessous.

9. 縱地金光 — Lumière dorée terrestre

Technique de déplacement rapide suivant une trajectoire rectiligne, supérieure aux méthodes ordinaires de déplacement souterrain.

10. 翻江攪海 — Bouleverser les mers

Provoque d’immenses vagues et des tourbillons capables de remuer jusqu’au fond des océans.

11. 指地成鋼 — Transformer la terre en acier

Rend un terrain meuble aussi dur que de l’acier ou de la roche, empêchant notamment les adversaires de s’y enfouir par magie.

12. 五行大遁 — Grande évasion des Cinq Éléments

Permet de traverser ou d’utiliser les cinq éléments chinois : Métal (金), Bois (木), Eau (水), Feu (火) et Terre (土).

13. 六甲奇門 — Les Six Jia et les Portes mystérieuses

Art permettant de déterminer les circonstances favorables et défavorables, notamment au moyen de procédés divinatoires.

14. 逆知未來 — Connaître le futur

Permet de contempler les événements passés et futurs.

15. 鞭山移石 — Déplacer les montagnes et les pierres

Les dix doigts deviennent symboliquement des fouets capables de frapper les montagnes, ou des cordes pouvant attacher et transporter d’énormes rochers.

16. 起死回生 — Ressusciter les morts

Pouvoir de ramener l’âme dans le corps d’un défunt afin de lui rendre la vie.

17. 飛身托跡 — Voler et transporter son corps

Technique permettant de se déplacer dans les airs par la puissance de son propre corps.

18. 九息服氣 — Les neuf respirations

Après neuf cycles respiratoires, le pratiquant peut, selon le récit, transformer son énergie spirituelle en puissance magique.

19. 導出元陽 — Extraire le Yang originel

Technique permettant de soutirer une partie de l’énergie vitale fondamentale d’un adversaire.

20. 降龍伏虎 — Soumettre le Dragon et le Tigre

Pouvoir capable de maîtriser les dragons et les tigres.

Lorsqu’il est utilisé au combat, il peut s’accompagner symboliquement des rugissements du tigre et du dragon.

21. 補天浴日 — Réparer le ciel et baigner le soleil

Cette méthode évoque deux mythes : celui de Nüwa réparant la voûte céleste à l’aide de pierres de cinq couleurs et celui de Xihe (羲和), associée au soleil.

22. 推山填海 — Déplacer les montagnes et combler les mers

Permet de transporter des montagnes entières et de combler les océans avec les roches.

23. 指石成金 — Transformer la pierre en or

Pouvoir alchimique de transformer la matière minérale en or.

24. 正立無影 — Se tenir sans ombre

Technique défensive qui, selon l’interprétation donnée, rend l’utilisateur dépourvu de corps matériel et donc insensible aux attaques.

25. 胎化易形 — Transformer son apparence

Permet de rajeunir jusqu’à l’état de fœtus, de vieillir ou de changer complètement de forme corporelle.

26. 大小如意 — Modifier les dimensions

Pouvoir de changer librement la taille d’un objet ou d’un être vivant.

27. 花開頃刻 — Faire éclore les fleurs

Permet de provoquer instantanément la floraison des plantes.

28. 遊神御氣 — Voyage de l’esprit

Grâce à la maîtrise du Qi, l’esprit peut voyager vers des lieux éloignés, notamment dans la pensée ou les rêves. Le texte lui attribue également un pouvoir de déplacement surnaturel.

29. 隔垣洞見 — Voir au travers des obstacles

Le pratiquant ferme les yeux, rassemble son esprit et son souffle, puis acquiert une vision capable de traverser les distances et les obstacles.

30. 回風返火 — Faire refluer le vent et le feu

Pouvoir de renverser la direction du vent et de faire reculer ou diminuer les flammes.

31. 掌握五雷 — Maîtriser les Cinq Tonnerres

Pouvoir associé aux cinq formes de tonnerre correspondant aux Cinq Éléments.

Le texte propose notamment les correspondances suivantes : métal pour la mort par une lame, bois pour celle causée par une arme en bois, eau pour la noyade, feu pour la combustion et terre pour l’écrasement sous un mur.

Il s’agit ici d’une interprétation particulière du symbolisme des Cinq Tonnerres.

32. 潛淵縮地 — Raccourcir les distances sous terre

Technique de déplacement souterrain permettant de parcourir instantanément d’immenses distances.

33. 飛砂走石 — Faire voler sable et pierres

Permet de soulever des tempêtes si violentes que le sable et les rochers sont projetés dans les airs.

34. 挾山超海 — Porter une montagne et traverser la mer

Pouvoir de transporter une montagne gigantesque tout en franchissant les océans.

35. 撒豆成兵 — Transformer les graines en soldats

Permet de jeter des graines ou des haricots sur le sol, qui se transforment ensuite en soldats.

36. 釘頭七箭 — Les Sept Flèches

Technique de magie rituelle utilisant une effigie et le Livre des Sept Flèches. Selon les légendes, elle permettrait d’atteindre mortellement une personne éloignée.

10. Les 72 techniques terrestres Disha

地煞七十二術 — Disha Qishier Shu

Ces 72 techniques concernent la transformation, la maîtrise des éléments naturels, la communication avec les esprits, le déplacement, les arts divinatoires et les pratiques de longévité.

Voici leur traduction et leur explication, dans l’ordre du texte chinois.

Techniques 1 à 24

1. 通幽 — Communiquer avec le monde invisible

Permet de voyager entre le monde des vivants et les enfers sans mourir, ainsi que de communiquer avec les fantômes et les divinités.

2. 驅神 — Commander aux divinités

Technique permettant de faire agir des esprits ou des divinités selon sa volonté.

3. 擔山 — Porter une montagne

Donne la force surnaturelle nécessaire pour soulever une montagne sur ses épaules.

4. 禁水 — Maîtriser les obstacles aquatiques

Permet de se déplacer librement dans l’eau sans être gêné.

5. 借風 — Emprunter le vent

Technique permettant d’invoquer le vent pour l’utiliser.

6. 布霧 — Répandre le brouillard

Permet de faire apparaître et de répandre un épais brouillard.

7. 祈晴 — Invoquer le beau temps

Prière ou technique destinée à faire revenir un ciel dégagé.

8. 禱雨 — Prier pour la pluie

Permet d’invoquer la pluie.

9. 坐火 — S’asseoir dans le feu

Permet de rester assis au milieu des flammes sans ressentir la chaleur ni être brûlé.

10. 入水 — Entrer dans l’eau

Technique permettant de plonger et de demeurer dans l’eau.

11. 掩日 — Cacher le soleil

Pouvoir de dissimuler la lumière du soleil ou de la lune.

12. 御風 — Chevaucher le vent

Permet de se déplacer en utilisant le vent comme moyen de transport.

13. 煮石 — Cuire les pierres

Technique alchimique consistant à extraire les essences contenues dans les minéraux pour fabriquer des élixirs.

14. 吐焰 — Cracher des flammes

Pouvoir de projeter du feu par la bouche.

15. 吞刀 — Avaler les lames

Permet d’avaler des couteaux ou des épées sans subir de blessure.

16. 壺天 — Le Ciel dans une jarre

Technique surnaturelle permettant d’accéder à un monde immense dissimulé dans un petit récipient.

17. 神行 — Marche surnaturelle

Permet à l’esprit de se libérer des contraintes corporelles et de voyager librement.

18. 履水 — Marcher sur l’eau

Pouvoir de marcher à la surface de l’eau sans s’enfoncer.

19. 杖解 — Échapper au corps au moyen d’un objet

Permettrait d’abandonner son enveloppe physique ou de simuler sa disparition en laissant un bâton, un vêtement ou un autre objet à sa place.

20. 分身 — Multiplier son corps

Permet de produire plusieurs copies de soi-même ou de multiplier des objets.

21. 隱形 — Devenir invisible

Pouvoir de rendre invisible son propre corps, mais aussi ses vêtements et d’autres objets.

22. 續頭 — Reconstituer la tête

Permet, selon la légende, de rattacher ou de régénérer une tête séparée du corps.

23. 定身 — Immobiliser un adversaire

Technique permettant de figer le corps d’un être vivant.

Son efficacité dépendrait de la puissance spirituelle de celui qui l’utilise et de celle de son adversaire.

24. 斬妖 — Trancher les démons

Permet d’atteindre et de combattre des créatures démoniaques même lorsqu’elles ne possèdent pas de corps matériel.

Techniques 25 à 48

25. 請仙 — Invoquer les immortels

Permet de demander l’assistance d’un immortel ou d’une divinité céleste.

26. 追魂 — Poursuivre les âmes

Technique permettant de retrouver une âme errante ou disparue.

27. 攝魂 — Capturer les âmes

Pouvoir de saisir, contrôler ou absorber une âme.

28. 招雲 — Appeler les nuages

Permet de faire venir les nuages du ciel.

29. 取月 — Saisir la lune

Technique permettant de faire apparaître l’image de la lune sur une paroi ou une surface.

30. 搬運 — Transporter à distance

Pouvoir de déplacer des objets ou des charges, éventuellement très volumineux.

31. 嫁夢 — Transmettre un rêve

Technique d’illusion permettant de faire entrer une personne dans un rêve imposé, voire dans un cauchemar susceptible de la tourmenter psychologiquement.

32. 支離 — Séparer les membres

Permettrait de séparer différentes parties de son corps sans provoquer de blessure.

33. 寄杖 — Transférer les coups

Technique magique qui permet de transférer à un autre objet ou à un autre être les coups que l’on reçoit, afin d’échapper à la douleur.

34. 斷流 — Interrompre le courant

Permet d’arrêter l’écoulement d’un fleuve ou d’un cours d’eau.

35. 禳災 — Éloigner les catastrophes

Rituel de protection destiné à conjurer les calamités.

36. 解厄 — Délivrer du malheur

Technique ou rituel visant à délivrer une personne d’une situation dangereuse ou d’une mauvaise influence.

37. 黃白 — L’alchimie de l’or et de l’argent

Art alchimique permettant, selon les croyances traditionnelles, de transformer des substances en or ou en argent.

38. 劍術 — L’art de l’épée

Il ne s’agit pas ici simplement de l’escrime, mais de l’art surnaturel de contrôler une épée à distance, de la faire voler et combattre sans la tenir.

39. 射覆 — Deviner les objets cachés

Technique de divination consistant à deviner ce qui se trouve dans un récipient fermé ou un espace invisible.

40. 土行 — Marcher dans la terre

Permet de se déplacer directement à travers le sol.

41. 星術 — L’art des étoiles

Observation des astres permettant, selon les croyances, de connaître le destin des personnes.

42. 布陳 — Disposer des formations

Permet de créer des formations magiques, des dispositifs de protection ou des barrières spirituelles.

43. 假形 — Prendre une autre apparence

Pouvoir de transformation extrêmement étendu.

Il permettrait de devenir un homme, une femme, un enfant, un vieillard, un animal, une plante ou même un objet.

Il pourrait également modifier la taille, la forme et l’aspect d’autres choses.

44. 噴化 — Transformer par le souffle de la bouche

Permet d’effectuer une transformation magique en projetant quelque chose depuis la bouche.

45. 指化 — Transformer en pointant du doigt

Pouvoir de transformer une chose simplement en la désignant du doigt.

46. 尸解 — Libération du corps

Notion taoïste désignant l’accession à l’immortalité par l’abandon du corps physique.

L’immortel peut disparaître en laissant derrière lui un vêtement, un bâton ou une épée.

47. 移景 — Déplacer les apparences

Technique d’illusion permettant de produire ou de déplacer des images dépourvues de substance matérielle.

48. 招來 — Faire venir les objets

Permet d’attirer un objet vers soi par un pouvoir surnaturel.

Techniques 49 à 72

49. 跡雲 — Faire retourner les choses

Le texte interprète cette méthode comme la capacité de faire revenir un objet à son emplacement précédent.

50. 聚獸 — Rassembler les animaux sauvages

Permet de commander aux bêtes sauvages et de les réunir, y compris aux créatures fantastiques comme les chevaux célestes.

51. 調禽 — Commander aux oiseaux

Permet d’attirer et de diriger les oiseaux.

52. 氣禁 — Suspendre la respiration

Technique permettant, selon la légende, de survivre sans respirer d’oxygène.

53. 大力 — Force extraordinaire

Confère une puissance physique considérable.

54. 透石 — Traverser la pierre

Permet de pénétrer et de traverser les rochers, comme la technique de déplacement souterrain.

55. 生光 — Produire de la lumière

Pouvoir de créer de la lumière.

56. 障服 — Pratique de protection et d’alchimie interne

Le texte associe cette technique à la pratique de l’alchimie intérieure taoïste.

57. 導引 — Guidage et étirement du corps

Pratique traditionnelle utilisant mouvements corporels, respiration et conduite du souffle pour préserver la santé.

Il s’agit du Daoyin (導引), qui occupe une place importante dans l’histoire des pratiques corporelles chinoises.

58. 服食 — Ingérer des substances

Technique liée à l’ingestion d’élixirs et de substances dans les pratiques traditionnelles de longévité.

Le texte lui attribue le pouvoir légendaire d’avaler même du fer ou des épées sans subir de dommage.

59. 開避 — Ouvrir les montagnes

Pouvoir de creuser ou d’ouvrir des cavernes, de fendre les roches et de créer un passage.

60. 躍岩 — Bondir au-dessus des rochers

Confère une agilité surnaturelle permettant de parcourir plusieurs dizaines de zhang en un seul bond.

61. 萌頭 — Faire germer une nouvelle tête

Le texte interprète cette technique comme la possibilité de faire pousser une nouvelle tête.

62. 登抄 — Escalader et franchir

Permet de gravir rapidement les montagnes et de franchir les obstacles grâce à une agilité exceptionnelle.

63. 喝水 — Commander les eaux par la voix

Un cri ou un ordre permettrait de stopper un fleuve, de modifier sa vitesse ou même d’inverser son courant.

64. 臥雪 — Dormir dans la neige

Permet de rester allongé dans la neige sans ressentir le froid.

65. 暴日 — Intensifier la chaleur solaire

Pouvoir d’augmenter la chaleur du soleil.

66. 弄丸 — Manipuler les pilules

Technique liée, dans le texte, à la fabrication et à la manipulation des élixirs alchimiques.

67. 符水 — Eau talismanique

Consiste à écrire un talisman, le brûler et placer ses cendres dans de l’eau, qui est ensuite consommée rituellement.

Selon la croyance, cette eau transmettrait les propriétés du talisman.

68. 醫藥 — Médecine et remèdes

Connaissance de l’examen des malades, du diagnostic et de la préparation des remèdes.

69. 知時 — Connaître le temps

Permet de connaître précisément l’heure, le jour, le mois et l’année sans consulter d’instrument.

70. 識地 — Reconnaître les lieux

Connaissance approfondie de la géographie et capacité de s’orienter sans se perdre.

71. 辟穀 — S’abstenir de céréales

Pratique taoïste d’abstinence alimentaire, notamment de céréales.

Le texte lui attribue la possibilité de vivre sans manger ni boire. Cette interprétation est légendaire : dans la réalité, se priver durablement d’eau est dangereux pour la santé.

72. 魘禱 — Malédictions et invocations

Technique consistant à invoquer les esprits, à prononcer des malédictions ou à utiliser des prières dans le but d’obtenir un avantage, éventuellement au détriment d’autrui.

11. Les 36 méthodes célestes comparées aux inventions modernes

Le Vénérable céleste propose ensuite onze exemples destinés à montrer que certaines inventions modernes ressemblent, symboliquement, aux anciens pouvoirs Tiangang.

1. Inverser le Yin et le Yang

Autrefois, les sages auraient possédé le pouvoir de transformer la nuit en jour.

Aujourd’hui, l’électricité permet d’éclairer les villes pendant la nuit. Les marchés nocturnes peuvent même devenir plus animés qu’en journée.

2. Chevaucher les nuages

Les immortels auraient pu voler au milieu du brouillard et des nuages.

Aujourd’hui, les avions permettent aux hommes de voyager dans le ciel.

3. Déplacer les étoiles

Les anciens auraient pu déplacer les constellations.

Le texte établit un parallèle avec les transplantations d’organes, notamment les greffes du cœur et du rein, ainsi qu’avec certaines expérimentations animales.

4. Les cinq grandes techniques d’évasion

Elles correspondent aux cinq éléments : Métal, Bois, Eau, Feu et Terre.

Le texte compare l’évasion par l’eau aux sous-marins, celle par le métal aux avions à réaction et celle par la terre aux tunnels souterrains.

5. Connaître l’avenir

Autrefois, les sages auraient pu prédire les événements futurs.

Aujourd’hui, les radars permettent de détecter les avions et les navires, tandis que la météorologie permet de prévoir les tempêtes et les typhons.

6. Voler et se transporter

Les déplacements surnaturels des immortels sont comparés aux avions et aux moyens de transport modernes.

7. Déplacer les montagnes et combler les mers

Les machines de terrassement, les explosifs et les bulldozers permettent aujourd’hui de déplacer d’immenses quantités de terre et de transformer les paysages.

8. Soumettre le Dragon et le Tigre

Cette ancienne technique est comparée à l’utilisation d’instruments électriques pour maîtriser les animaux sauvages.

9. Commander les Cinq Tonnerres

La puissance surnaturelle du tonnerre est comparée aux explosions provoquées à distance par des dispositifs électroniques.

10. Voir à travers les murs

La télévision permet d’observer des événements situés à des milliers de kilomètres.

Le téléphone permet d’entendre une personne située à l’autre bout du monde.

Ces inventions sont rapprochées des expressions chinoises :

  • 千里眼 — Qianli Yan : les yeux qui voient à mille lieues.

  • 順風耳 — Shunfeng Er : les oreilles qui entendent grâce au vent.

11. Transformer des graines en soldats

Le texte compare cette méthode à certaines bombes dont les fragments se dispersent après l’explosion.

Il s’agit d’une analogie symbolique, et non d’une équivalence réelle entre les pratiques mythologiques et les technologies.

12. Les 72 techniques terrestres comparées à la technologie

Le texte établit également dix-huit rapprochements :

Technique ancienne Équivalent moderne proposé
1. 借風 — Emprunter le vent Ventilateurs et climatisation
2. 布霧 — Créer du brouillard Glace carbonique
3. 禱雨 — Invoquer la pluie Ensemencement des nuages
4. 入水 — Entrer dans l’eau Plongée sous-marine
5. 履水 — Se déplacer sur l’eau Ski nautique et patinage
6. 請仙 — Invoquer les immortels Écriture médiumnique au moyen du Fuji
7. 取月 — Faire apparaître la lune Photographie et projection
8. 搬運 — Transporter les objets Ascenseurs et moyens de transport
9. 斷流 — Interrompre les courants Barrages et digues
10. 假形 — Changer d’apparence Chirurgie esthétique et maquillage
11. 移景 — Déplacer les images Cinéma et télévision
12. 招來、跡去 — Faire venir et repartir Télécommande
13. 大力 — Force extraordinaire Engins mécaniques et robots
14. 透石 — Traverser la pierre Perceuses et explosifs
15. 生光 — Produire de la lumière Piles et lampes électriques
16. 醫藥 — Médecine Médecine chinoise, occidentale et chirurgie
17. 知時 — Connaître le temps Montres et horloges
18. 識地 — Connaître la géographie Cartes et boussoles

13. L’enseignement moral de Lingbao Tianzun

Le Vénérable céleste conclut son enseignement :

« Les trente-six Tiangang et les soixante-douze Disha naissent des souffles justes et mauvais du Ciel et de la Terre.

Aujourd’hui, ils ont reçu l’ordre de descendre dans le monde humain et de se réincarner sous la forme de scientifiques.

Mais toute méthode peut être utilisée pour le bien ou pour le mal.

Si les techniques sont employées avec droiture, elles peuvent apporter d’immenses bienfaits à l’humanité.

Si elles sont utilisées avec des intentions mauvaises, elles peuvent provoquer d’innombrables souffrances.

Les explosifs, par exemple, peuvent servir à ouvrir les montagnes et à construire des routes, permettant ainsi aux hommes de vivre plus facilement.

Mais s’ils sont utilisés dans les guerres, ils peuvent tuer et détruire.

Les progrès de la science ont donné naissance à des armes toujours plus puissantes.

Les canons, les bombes atomiques, les armes nucléaires et les autres moyens de destruction peuvent menacer l’existence même de l’humanité.

Ce n’est pas parce que le Ciel manque de compassion, mais parce que les mauvaises intentions des hommes attirent les calamités.

J’espère donc que les êtres humains abandonneront leurs désirs de destruction et cultiveront la paix.

Lorsque les hommes nourriront des intentions bienveillantes et préserveront une énergie harmonieuse, le progrès scientifique pourra devenir un moyen de réaliser une grande harmonie universelle.

Le développement des techniques permettra alors de transformer le monde humain en un lieu comparable au paradis.

Les hommes pourront voyager librement, disposer de nourriture, de vêtements et de logements, et vivre dans des conditions que les anciens auraient attribuées aux immortels.

Voilà ce que représente la véritable délivrance universelle des êtres. »

Conclusion du récit

Yang Sheng déclare :

« Je m’incline devant le Vénérable céleste pour le remercier de ses enseignements.

Écouter une seule de vos paroles vaut davantage que dix années de lecture.

Je comprends maintenant que les événements du monde moderne peuvent être interprétés comme les manifestations d’un ordre spirituel.

C’est véritablement extraordinaire ! »

Ji Fo répond :

« Merveilleux ! Merveilleux ! Nous allons maintenant prendre congé. »

Yang Sheng salue respectueusement le Vénérable céleste.

Lingbao Tianzun ordonne aux jeunes serviteurs immortels de raccompagner les visiteurs.

Les serviteurs disent :

« Nous vous accompagnons respectueusement jusqu’à votre départ. »

Yang Sheng remercie les divinités et reprend place sur le lotus céleste.

Ji Fo déclare :

« Nous sommes arrivés au temple Shengxian. Yang Sheng, descends de ton lotus. Que ton âme retourne dans ton corps. »

Le voyage spirituel prend alors fin.

14. Références citées dans le texte chinois

  1. Shen Ye (沈燁), Collection sur l’excellente culture traditionnelle de Hangzhou : loisirs et divertissements, Éditions de Hangzhou, août 2022, page 150.

  2. Dictionnaire chinois Zdic, entrée 三十六天罡.

  3. Au bord de l’eau (水滸傳), deuxième volume, Éditions de littérature du peuple, 2001.

  4. Dictionnaire chinois Zdic, entrée 天罡.

La rubrique finale indique également que cet article appartient à un ensemble consacré aux divinités des mythes et légendes chinois.

15. Quelques précisions historiques importantes

Le texte que tu as transmis mélange plusieurs traditions qui méritent d’être distinguées.

Les 36 étoiles Tiangang et les 72 étoiles Disha constituent avant tout une classification religieuse et symbolique. Il ne faut pas supposer que toutes correspondent à 108 étoiles astronomiques précisément identifiées.

Les 108 héros d’Au bord de l’eau sont des personnages romanesques, même si certains s’inspirent de figures historiques ou légendaires. Leur association avec les étoiles est principalement une construction littéraire et religieuse.

Les 36 pouvoirs et les 72 transformations appartiennent également à la littérature fantastique chinoise et à différentes traditions ésotériques. Leurs descriptions ne constituent pas nécessairement un ensemble de pratiques rituelles taoïstes historiquement attestées.

Enfin, le récit qui compare les pouvoirs surnaturels aux inventions modernes est un discours religieux relativement moderne. Il ne faut pas le confondre avec un traité ancien de cosmologie.

Le lien avec les arts martiaux chinois

Pour l’étude des arts martiaux traditionnels, notamment le Baguazhang, trois éléments sont particulièrement intéressants : la représentation du Ciel et de la Terre, l’utilisation des nombres 36, 72 et 108, et la relation entre les changements, les Cinq Éléments et les Huit Trigrammes.

Il faut néanmoins distinguer le symbolisme partagé de la transmission martiale elle-même : la présence du nombre 36 ou 72 dans une forme de combat ne prouve pas à elle seule un lien direct avec ces divinités ou ces techniques surnaturelles.

L’idée centrale du texte est que la véritable puissance ne réside pas seulement dans la maîtrise d’une technique, mais dans la vertu de celui qui l’emploie. C’est précisément ce qui fait écho à la notion traditionnelle de 武德 (Wude), la vertu martiale.

 

 

 

Canard laqué (北京烤鸭)

L’origine du canard laqué : histoire, traditions et diversité régionale

Le canard laqué est l’un des plats les plus célèbres de la gastronomie chinoise. Bien plus qu’une simple spécialité culinaire, il est le fruit de siècles d’histoire, de traditions impériales et de savoir-faire transmis de génération en génération. Né dans la Chine ancienne, perfectionné dans les palais impériaux, puis décliné selon les régions, le canard laqué incarne à la fois le raffinement du nord et la convivialité du sud de la Chine.


Le canard dans la Chine ancienne

Dès l’Antiquité, le canard occupe une place importante dans l’alimentation chinoise, notamment dans les régions traversées par les fleuves et les rizières. Sous les dynasties Zhou, Han et plus tard Yuan, il est apprécié autant pour ses qualités gustatives que pour ses bienfaits nutritionnels.

Sous la dynastie des Yuan (XIIIᵉ–XIVᵉ siècle), le médecin et diététicien impérial Hu Sihui mentionne le canard dans ses écrits culinaires et médicaux, soulignant son rôle dans l’équilibre alimentaire selon la médecine traditionnelle chinoise. À cette époque, les premières formes de canard rôti apparaissent dans les cuisines de la cour impériale.


Nankin : le berceau du canard laqué

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le canard laqué n’est pas né à Pékin mais à Nankin, ancienne capitale de la dynastie des Ming. Dans cette ville, les cuisiniers impériaux développent une technique de rôtissage du canard entier, parfois laqué avec du miel ou du maltose, destinée aux banquets officiels.

Lorsque l’empereur Yongle décide de transférer la capitale de Nankin à Pékin en 1421, les cuisiniers de la cour l’accompagnent. Ils emportent avec eux leurs recettes et leur savoir-faire, qui vont évoluer et se perfectionner dans la nouvelle capitale.


Pékin et l’âge d’or du canard laqué

À Pékin, le canard laqué atteint son apogée. Sous la dynastie des Qing, il devient un plat emblématique de la cuisine impériale, servi lors des grandes cérémonies dans la Cité interdite.L’empereur Qianlong, connu pour son goût du raffinement, aurait particulièrement apprécié ce mets.

La recette se codifie : la peau du canard est séparée de la chair, laquée, séchée puis rôtie afin d’obtenir une texture extrêmement fine, brillante et croustillante. Le canard laqué devient alors un symbole de prestige et de perfection technique.


 Le choix du canard à Pékin

Pour le canard laqué de Pékin, on utilise traditionnellement le canard blanc de Pékin. Cette race est spécialement élevée pour ce plat. Elle possède une peau épaisse et grasse, idéale pour devenir croustillante après la cuisson. La chair, plus ferme et neutre en goût, met en valeur la peau, qui est l’élément central du plat.


Le canard à la cantonaise : la tradition du sud

Parallèlement au développement du canard laqué à Pékin, une autre grande tradition culinaire se développe dans le sud de la Chine, dans la région du Guangdong (Canton). Le canard à la cantonaise reflète les principes de la cuisine cantonaise : équilibre, douceur et respect du goût naturel des aliments.

Le canard est mariné dans un mélange de sauce soja, de sucre, de vin de riz et parfois d’épices comme le cinq-parfums, puis rôti ou braisé. La peau est brillante mais moins croustillante que celle du canard pékinois, tandis que la chair est particulièrement tendre et savoureuse.


Le choix du canard à Canton

Pour le canard à la cantonaise, on utilise des canards plus maigres, souvent des canards de ferme ou des races locales. Leur chair absorbe mieux la marinade et reste juteuse après la cuisson. Ici, l’objectif n’est pas la peau croustillante, mais l’harmonie des saveurs et la tendreté de la viande.


Diffusion et restaurants emblématiques

À partir du XIXᵉ siècle, le canard laqué quitte les palais impériaux pour être servi au public dans des restaurants célèbres de Pékin comme Bianyifang et Quanjude.

Bianyifang

Dans le sud, les villes de Canton et Hong Kong jouent un rôle majeur dans la diffusion du canard à la cantonaise.

Grâce aux migrations chinoises, notamment cantonaises, ces plats se répandent dans le monde entier. Dans de nombreux pays occidentaux, le canard servi dans les restaurants chinois est souvent d’inspiration cantonaise, plus adaptée à une consommation quotidienne.


 Symbolique et rayonnement international

Le canard laqué symbolise la richesse, l’harmonie et la perfection culinaire. Héritage de la cuisine impériale, il est aujourd’hui servi lors des mariages, des repas diplomatiques et des grandes célébrations officielles.

Le canard laqué de Pékin représente le raffinement impérial et l’excellence technique du nord de la Chine, tandis que le canard à la cantonaise incarne la convivialité, le partage et la richesse gastronomique du sud. Les deux plats sont fréquemment présents lors du Nouvel An chinois, des mariages et des grandes réunions familiales.


Conclusion

Né des traditions impériales, façonné par les villes de Nankin et de Pékin, puis sublimé par des empereurs, des médecins et des maîtres cuisiniers, le canard laqué est bien plus qu’un plat : c’est un patrimoine vivant. Le canard laqué de Pékin et le canard à la cantonaise sont deux expressions complémentaires de la gastronomie chinoise. Ensemble, ils témoignent de la diversité culturelle de la Chine, où un même ingrédient peut donner naissance à des recettes, des traditions et des saveurs profondément différentes, transmises de génération en génération.

Cheng Youxin (程有信 1895 – 29 Juin1970)

 Identité et place dans la lignée

Cheng Youxin est le deuxième fils du grand maître Cheng Tinghua (程廷華), fondateur du style Cheng de Bagua Zhang (程氏八卦掌).

Les textes indiquent que, lorsque Cheng Tinghua est tué en 1900 pendant les troubles liés à la révolte des Boxers, son second fils n’a alors qu’environ neuf ans.
On peut donc estimer sa naissance aux environs de 1890–1891, sans que les dates exactes de naissance et de décès soient clairement documentées dans les sources actuelles.

Son surnom  est souvent donné comme 寿亭 (Shòutíng), et il est cité avec son frère aîné Cheng Youlong (程有龙) comme continuateur principal de la branche familiale Cheng.

Le mot 寿亭 (Shòutíng) est un nom personnel chinois, plus précisément un nom de style (字 zì), c’est-à-dire un nom honorifique donné à l’âge adulte dans la tradition chinoise.

Sens des caractères

寿 (shòu)

Signifie : longévité – vie longue  – bénédiction de vivre longtemps – prospérité vitale

C’est un caractère très positif, souvent utilisé dans les vœux traditionnels.

亭 (tíng)

Signifie : pavillon, kiosque – lieu de repos et de protection – élégance / beauté d’un pavillon – stabilité, posture droite

Dans les noms personnels, 亭 évoque souvent dignité, élégance, stabilité et caractère noble.


Sens global du nom 寿亭

Combiné, 寿亭 donne une idée de :

« Pavillon de Longévité »

« Celui qui incarne la stabilité et une longue vie »

« L’homme au destin long et droit »

« Celui qui protège et dure »

Dans le contexte des arts martiaux et de la Chine traditionnelle, c’est un nom qui évoque respect, droiture et longévité dans la pratique.


Pourquoi portait-il ce nom ?

Les praticiens de haut niveau recevaient souvent un nom honorifique :

Expérience – Respect du clan – Maturité – Qualités morales

Le nom 寿亭 reflète l’image qu’on voulait donner de Cheng Youxin :
un homme stable, digne, protecteur et promis à une longue destinée martiale.


 Formation martiale

Comme il était encore enfant à la mort de son père, que neuf ans, il ne put recevoir la  transmission complète de son père ; mais en tant que fils du maître, il reçut l’enseignement attentif de son frère aîné Cheng Youlong, de son cousin Cheng Yougong et des principaux disciples de Cheng comme Liu Dekuan (lance) et Li Cunyi (épée simple). Cheng Youxin s’entraîna avec une assiduité hors du commun, son dévouement étant inégalé. Pendant des décennies, il pratiquait chaque nuit, développant ainsi des compétences martiales redoutables. Du fait de sa petite taille, il fut surnommé « le Petit » et comptait parmi les trois doyens du monde des arts martiaux pékinois de son époque ! Ses attaques étaient d’une rapidité fulgurante, laissant ses adversaires sans défense car tout petit il adorait voir les mouvements de son père agiles comme un dragon, puissants comme un tigre, vifs comme un aigle et d’une rapidité incroyable .. »  C’est donc l’ensemble du clan Cheng – frère aîné, cousin et anciens disciples (notamment 李文彪 Li Wenbiao, etc.) – qui l’ont formé.

Li Wenbiao (李文彪)

Résultat :

  • son bagage technique est extrêmement vaste ;

  • les sources disent que les formes de paumes qu’il maîtrisait étaient particulièrement nombreuses et complexes.

Il est également décrit comme pratiquant le Bagua Zhang de “bas bassin” (低盘八卦掌), c’est-à-dire avec des postures plus basses, ce qui donnera plus tard une réputation d’excellence technique dans la famille Cheng.

À cette époque, Cheng Youxin prônait l’esprit de « tisser des liens d’amitié par les arts martiaux » et il était irréprochable dans les milieux martiaux de Pékin et de Tianjin.

Lors du tournoi national d’arts martiaux qui s’est tenu à Pékin durant l’été 1958, après la compétition, des dizaines d’entraîneurs et de formateurs de l’équipe du Nord-Est ont rendu visite à Cheng Youxin pour tester leurs compétences.

Au moment où Cheng Youxin s’apprêtait à attaquer, le stagiaire fut projeté en l’air, et l’instant d’après, Cheng Youxin lui attrapa la main et le ramena en arrière.

L’instructeur, surpris, s’agenouilla près de l’élève et lui demanda de l’accompagner dans ses études sous la direction de Cheng Youxin.

À l’époque, Cheng Youxin travaillait dans un magasin d’accessoires d’une coentreprise public-privé à Pékin (aujourd’hui l’usine Beijing Huasi dans le district de Tongzhou, à Pékin), et les employés qui y ont travaillé par la suite ont parlé de la grandeur de Cheng Youxin.


Transmission et enseignement

Après la mort de Cheng Tinghua, la lignée se réorganise :

  • Le fils aîné 程有龙 (Cheng Youlong) enseigne principalement à Pékin.

  • Le second fils 程有信 (Cheng Youxin, 寿亭) enseigne à Tianjin et dans le nord de la Chine.

Une source moderne de la tradition Cheng précise que : « 程有信一生授徒之严,所授技艺之慎……一生授徒近百人,真正入室弟子寥寥无几 »。

« Toute sa vie, Cheng Youxin fut extrêmement strict dans l’acceptation et la formation des élèves, très prudent quant à ce qu’il transmettait. Il a enseigné à près d’une centaine de personnes, mais ses véritables disciples “de la chambre intérieure” furent très peu nombreux. »

Il est donc vu comme un maître très exigeant, peu prodigue de la “moelle” de la boxe familiale, ce qui renforce encore son aura auprès des générations suivantes. Comme élève importante il y eu sa fille Cheng Defeng, qui reçu une formation précoce en Baguazhang au sein de sa famille et représente la quatrième génération de pratiquants. Elle a été présidente d’honneur de la Société de recherche sportive Xuwu Shangde de Pékin, où elle a guidé des générations de pratiquants. En 2019, elle a reçu le prix de la « Contribution exceptionnelle à la promotion du Baguazhang » décerné par le Comité professionnel de Bagua Zhang de l’Association de Wushu de Pékin. Mme Cheng Defeng est décédée en 2021, son fils, Zhang Youyu, fidèle à l’héritage de ses parents et poursuivant l’étude du Baguazhang, réalise le dernier souhait de sa mère en prévoyant la construction du « Mémorial Cheng Tinghua » sur le site de leur ancienne résidence à Pékin. Ce mémorial commémorera les mérites de ses ancêtres et contribuera à la promotion de la culture du Baguazhang. C’est pourquoi il a spécialement conçu et organisé cet événement, intitulé « Cérémonie de lancement préparatoire du Mémorial Cheng Tinghua et hommage à Mme Cheng Defeng, fille du maître Cheng Youxin ».


Contribution technique : les Huit Grandes Paumes et les Soixante-Quatre Paumes

Dans le Cheng-style Bagua Zhang, la structure classique comprend :

  • les Huit Grandes Paumes (八大母掌 / 八大掌) – la base technique « céleste » ;

  • les Soixante-Quatre Paumes (后天六十四掌 / 地支六十四掌) – répertoire de techniques de combat.

Un témoignage important du maître Liu Jingru (刘敬儒), grand représentant actuel du Cheng-style, explique que :

  • du fait du caractère très secret et parcellaire de l’enseignement ancien, peu d’élèves ont jamais appris l’intégralité des Huit Grandes Paumes ;

  • probablement seul Cheng Youxin, en tant que plus jeune fils de Cheng Tinghua, a pu en recevoir la totalité, grâce à la transmission combinée de son frère, de son cousin et des anciens disciples de son père ;

  • sur cette base, Cheng Youxin a systématisé et créé la forme des “八八六十四掌” — les 8×8 = 64 Paumes.

C’est cette structure en 64 paumes qui deviendra l’un des cœurs techniques du Cheng-style moderne, notamment dans la lignée transmise à sa fille Cheng Defeng, Liu Jingru, Sun Zhijun, Hu Dongliang etc.


 Discipline, réputation et style de pratique

Plusieurs éléments reviennent dans les témoignages :

  • Spécialiste du Bagua à pas bas : les sources indiquent que, comme certains de ses contemporains (par ex. Ma Gui pour une autre branche),  était réputé pour un Bagua à “bassin bas”, demandant un niveau de force et d’endurance très élevé.

  • Gardien de la quintessence familiale : étant à la fois fils du fondateur de la branche Cheng et élève de nombreux anciens disciples, il est vu comme celui qui a pu avoir la vision la plus complète des Huit Grandes Paumes et des variations de la famille.

  • Transmission prudente et rigoureuse : sa réputation d’enseignant extrêmement sérieux, n’acceptant qu’un petit nombre de disciples intérieurs, est plusieurs fois rappelée.

Cela explique pourquoi, dans beaucoup de lignées actuelles, le nom de Cheng Youxing est souvent associé à l’idée de “forme complète”, “version intégrale” des Huit Paumes et des 64 Paumes.


Influence sur les générations ultérieures

On retrouve la trace de Cheng Youxing indirectement, à travers les maîtres qui revendiquent ou reconnaissent sa filiation technique :

  • La page chinoise de l’encyclopédie du Bagua Zhang mentionne les grands maîtres modernes de la lignée Cheng – (Liu Jingru, Sun Zhijun), etc. – comme faisant partie des branches issues de la famille Cheng, où il est explicitement cité parmi les principaux héritiers de Cheng Tinghua.

  • Liu Jingru, dans un long témoignage biographique, explique qu’il a pu accéder à la version complète des 64 paumes de la famille Cheng grâce à son maître Liú Tánfēng (刘谈锋), qui lui avait transmis une série de photos de Cheng Youxin démontrant les Huit Grandes Paumes et le système associé.

  • Des vidéos et documents récents (YouTube, Bilibili, etc.) mentionnent des formes comme « 八卦64掌: 董海川–程廷华–程有信–孙志君 (Dong Haichuan – Cheng Tinghua – Cheng Youxin – Sun Zhijun) », le plaçant clairement comme maillon central de la chaîne de transmission entre Cheng Tinghua et les grands maîtres du XXᵉ siècle.


Synthèse

En résumé, même si l’on ne connaît ni précisément les dates de naissance et de mort de Cheng Tinghua, ni tous les détails de sa vie personnelle, les sources convergent sur plusieurs points :

  1. Deuxième fils de Cheng Tinghua, vraisemblablement né vers 1890–1891, trop jeune pour recevoir toute la transmission directe de son père.

  2. Formé par son frère aîné Cheng Youlong, son cousin Cheng Yougong et les principaux disciples de son père, ce qui lui donne une vision à la fois large et profonde des méthodes de la famille.

  3. Maître de Bagua à pas bas, considéré comme l’un des plus accompli de la famille Cheng.

  4. Probablement le seul à avoir maîtrisé complètement les Huit Grandes Paumes, sur la base desquelles il a structuré les 64 paumes, devenues un pilier du Cheng-style Bagua Zhang moderne.

  5. Enseignant très strict, avec près d’une centaine d’élèves mais très peu de disciples intérieurs, soucieux de préserver la quintessence du style.

  6. Son influence se fait sentir aujourd’hui à travers des maîtres comme sa fille Cheng Defeng, son petit fils Zhang Youyu, Liu Jingru, Sun Zhijun et d’autres grands représentants de la lignée Cheng, qui se réclament de son système des Huit et 64 Paumes.

La ceinture dans les arts martiaux (腰带)

Dans les arts martiaux chinois dits « internes » (neijia — taijiquan, baguazhang, xingyiquan), la ceinture comme grade codifié est à peu près inexistante historiquement. C’est une importation très récente, inspirée des systèmes japonais modernisés (judo → karaté → taekwondo), qui eux-mêmes avaient emprunté la ceinture au go/ikebana plutôt qu’à la combat tradition.

Tradition chinoise classique

Jusqu’au XXᵉ siècle : il n’y a pas de système de couleurs, aucun équivalent du blanc/jaune/orange… la “ceinture” (腰带 yaodai) est un accessoire vestimentaire, qui sert à tenir la tenue, répartir le poids, ancrer le dantian, porter une arme. la progression est maître → disciple (par lignage, cérémonie du thé), jamais par examen de grade (cérémonie du Baishi (师承 / 拜师).

Dans le neijia, la vraie compétence est “invisible” : écoute interne (tingjin), structure, intention — pas démontrable en tests spectaculaires. D’où l’absence de grades publics.

Arrivée des ceintures

À partir des années 1980-2000 :

en Chine continentale : le wushu sportif (nationalisé) adopte des grades “duan” à 9 niveaux, avec uniformes codifiés mais c’est une réforme d’État, pas traditionnelle. en Occident : la plupart des écoles internes qui utilisent un système de ceintures colorées le font pour des raisons pédagogiques / lisibilité moderne / marketing, souvent calqué sur un modèle japonais.

Un maître traditionnel chinois vous dira volontiers :

« Si tu veux une ceinture noire, va acheter un pantalon! »
 car historiquement, la ceinture n’a jamais symbolisé la progression spirituelle.

La ceinture chinoise traditionnelle est très fonctionnelle , on la place plus bas que le nombril, pile sur la zone du dantian inférieur, pour ancrer la respiration et le centre de gravité. Le nœud se met légèrement décalé à gauche, jamais au milieu (ça bloque l’axe central, considéré “voie du qi”).

où place t’on la ceinture?

(腰带 yaodai) :

On la place au niveau du dantian inférieur, légèrement sous le nombril, pas sur la taille comme une ceinture “occidentale”.Elle n’est pas trop serrée, elle sert à sentir/porter le centre, pas à “bloquer” le ventre. Le nœud est légèrement décalé sur le côté gauche (jamais au centre).

Deux explications:

Pourquoi côté gauche ?

Le côté gauche = voie du yin / non-manifesté / réserve d’énergie, on laisse l’axe central (zhong mai) libre, car c’est la colonne énergétique. On ne met jamais le nœud en face dans les styles internes → ça “bloque le qi”.

Dans certaines lignées du Bagua Zhang ou du Tai-ji, les écoles mettent le surplus de tissu vers le bas, pas vers le haut, pour “ramener l’énergie vers la terre”.

pourquoi énergétique 

logique interne / taoïste

La ceinture se place exactement sur le dantian inférieur pour sentir la respiration en “sphère” plutôt qu’en torse. Ne pas serrer : tu dois respirer dans la ceinture, pas contre elle. On dégage la ligne médiane (zhong mai) — axe central énergétique — donc pas de nœud devant.Gauche = Yin, réserve, racine → on place le nœud à gauche.C’est aussi un rappel corporel pour garder le centre vivant et bas (重心 zhongxin).

L’histoire et évolution

dans les arts internes chinois

Période Fonction réelle de la ceinture
Antiquité / dynasties classiques Tenir le vêtement, porter un couteau ou sac de médecine ; structure énergétique secondaire.
Transmission martiale secrète Ceinture = point d’ancrage → tu dois pouvoir frapper ou absorber en étant “réglé dans l’axe”. Jamais décoratif.
Écoles internes (taiji / bagua / xingyi) Purement outil de structure intérieure. Jamais marque de grade. Absence totale de couleurs.
1950–1980 (wushu nationalisé) Devient élément d’uniforme esthétique, plus martial.
Occident / écoles modernes hybrides Introduction de ceintures colorées à la japonaise → ceci est extrêmement récent et non traditionnel.

voici ce que la position de la ceinture révèle instantanément à un maître expérimenté, avant même que vous ne bougiez un seul millimètre.


 Si la ceinture est au milieu, bien centrée

Un vrai maître interne pensera immédiatement :

« Personne externe / wushu sportif / esthétique avant structure »

ou bien : « Il n’a pas conscience du zhongmai (axe central) »

ou encore : « Respiration qui monte / centre pas descendu »
→ c’est le code visuel universel de la non-internalité

 Si la ceinture est légèrement à gauche

Réaction d’un maître sérieux :

« Il connaît le dantian et la préservation du centre vide »

« Probablement une lignée interne réelle »

« Il a reçu l’enseignement du neijing (structure interne) »

 C’est un signe silencieux de maturité, compris seulement par les initiés

Si la ceinture est trop serrée

 Diagnostic instantané : perte du souffle, force morte
 “Il se crispe, il est encore dans le contrôle, pas dans le sentir”

Si la ceinture suit la respiration naturellement

“Ah. Lui, il a du qi vivant, il est entré dans la voie.”

dans un contexte de cérémonie

Dans une cérémonie, la logique n’est plus martiale ni énergétique. Elle devient rituelle.

Le centre n’est plus un axe énergétique à préserver mais un axe symbolique de neutralité, d’alignement, de respect du Ciel. On ne travaille pas le qi, on représente l’ordre cosmique.

Le maître se place en état “céleste”, pas en état “martial” il manifeste le centre, il ne le protège pas. Il devient comme “pilier du Ciel” (天柱 tian zhu) : tout doit être droit, offert, exposé. C’est un acte de présence rayonnante, pas d’introspection interne.

C’est un message visible :

“Je ne suis pas dans l’art interne de transformation, je suis dans l’office du rite et de la transmission. Je ne cache rien, je ne mobilise rien.”

Epérience personnelle

Lors du défilé lunaire sur Paris en 2014,la première fois que j’y monté, j’ai mis, pendant la journée et lors de la parade, ma ceinture de couleur jaune au milieu. Certains maîtres, viêtnamiens et chinois se venus me poser des questions sur le pourquoi au milieu et surtout pourquoi en jaune. Il faut savoir qu’en Chine, ce que signifie une ceinture jaune portée au milieu. Dans le langage traditionnel chinois, c’est un signe d’autorité centrale : jaune = couleur impériale / Terre / Centre du monde, au milieu = posture rituelle, pas martiale et cela peut être lu comme : « je représente quelque chose de central, pas simplement un pratiquant ». Pour résumer je leur dit: « 

je suis dans un cadre cérémoniel ou de représentation officielle, j’incarnes une lignée ou école avec autorisation explicite et c’est clairement une tenue rituelle/artistique, pas un signe de grade personnel ». Je leurs epliqué par la suite que, connaissant la tradition je sais très bien que cela aurait pu être mal interprété si je l’avais porté comme signe de “rang” supérieur ou personnel (limite impérial), ou l’on aurait pu pensé que j’étais 
dans un simple groupe martial ou associatif sans protocole clair (limite le bagarreur fou qui provoquerait les autres écoles sans respect) et même donné l’impression de me présenter comme “autorité centrale” sans mandat.

pour résumer

  • Si je marches en mode “cérémonial / tradition représentée” → oui, ceinture jaune au centre est cohérente, c’est la couleur de l’équilibre, de la stabilité et de la bienveillance. Porté dans ce contexte, il ne signifie pas domination ou autorité impériale, mais présence centrale, soutien, responsabilité harmonisatrice. Cela montre que l’on n’est pas dans la démonstration martiale agressive, mais dans la transmission et le rayonnement intérieur. Tant que le jaune est sobre et non ostentatoire, il exprime très justement la posture d’un maître qui incarne l’axe pivot, donc au niveau du Bagua : le point immobile autour duquel tout tourne (le Taiyi). Porté correctement, il signifie :

    « Je suis stable, enraciné, inviolable, je suis le centre » — pas « je domine ».

    Si je marches en tant que pratiquant de Bagua (démonstration martiale) → mieux vaut ceinture plus basse, nouée légèrement à gauche, même jaune, mais pas au centre → langage interne authentique. Ce qui est recherché est l’autorité silencieuse, pas l’exposition du statut.

    Mais attention

    Si tu le portes avec trop de rigidité ou de fierté, cela crie l’ego plutôt que l’axe.

Yan Luowang (閻羅王)

YANLUOWANG ROI DES ENFERS

Vision de l’Enfer dans la philosophie Chinoise 地獄

Selon les croyances chinoises, « les Enfers » (地獄/ou « Prisons terrestres »), sont au nombre de dix et sont gouvernés par dix juges, que l’on appelle les « Rois Yama des dix Tribunaux » (十殿閻羅王), ou plus simplement les « Dix Rois » (十王/ »ShiWang« ), sans autre désignation. Chacun d’eux est le maître d’un enfer particulier, où, comme dans les « cercles de Dante », on punit exclusivement certaines fautes déterminées par des châtiments fixés.
C’est le Bouddhisme qui a fourni le fond du tableau du monde infernal, et il a apporté avec lui l’antique dieu des morts indo-iranien, « Yama » (閻羅王/ »YanLuo Wang » en chinois), en sorte qu’aujourd’hui, presque oublié dans ses pays d’origine, il a ses statues dans d’innombrables temples de Chine. Le monde des morts tel que se l’était représenté la vieille religion chinoise était trop vague, et ce qu’on en savait était trop aristocratique pour que la conception toute morale des enfers bouddhiques et leurs descriptions précises n’en prissent pas la place rapidement. Dès le VIe siècle de notre ère, la croyance nouvelle était si populaire que, lorsque mourut « Han Qin », un ministre de l’empereur des « Sui » (隋朝/592), le bruit se répandit qu’il était devenu le Roi Yama dans les enfers.

« Enfer des pluies d’aiguilles » (針雨地獄).

Si les livres bouddhiques apportaient une vue d’ensemble des enfers, ils variaient considérablement sur les détails. En particulier ils ne s’accordent pas sur le nombre et la disposition des lieux de supplice :

  • Suivant certains, il y a huit enfers chauds et huit enfers froids;
  • Suivant d’autres, il y a en tout dix huit enfers;
  • D’autres déclarent qu’il y en a huit grands, de chacun desquels dépendent seize petits, ce qui fait en tout cent trente-six enfers, etc.

Ces divergences ne contentèrent pas les Chinois, gens positifs, qui tenaient à être fixés exactement sur le monde infernal où il leur faudrait aller habiter un jour et à se familiariser d’avance avec tout ce qui s’y passe. Aussi y a t il longtemps que les Taoïstes, en copiant les grandes lignes de l’organisation des enfers bouddhiques, ont fixé le nombre des juges infernaux à dix (les souverains des huit enfers, plus un roi qui juge à l’entrée et répartit les âmes entre les différents lieux de supplice, et un autre roi qui juge à la sortie et répartit les âmes par les différentes voies de la « transmigration »), et leur système a été adopté dans un livre bouddhique maintenant perdu, mais qui fut en son temps très populaire, un faux du reste, oeuvre d’un bonze de « ChengDu » (成都), le « Livre des Dix Rois » (十王經/ »ShiWang Jing »). Aujourd’hui, c’est d’ouvrages d’édification analogues modernes que les gens du peuple et en général tous ceux qui ne sont pas des religieux réguliers soit bouddhistes, soit taoïstes, tirent la plupart de leurs notions sur les enfers et des juges infernaux : le plus complet est le « YuLi ChaoZhuan » (玉曆鈔傳), qui décrit en détail les enfers et leurs subdivisions. Un autre ouvrage, également très répandu, raconte la descente aux enfers d’un jeune lettré de vie pure arrêté à tort, ses conversations avec les rois infernaux, les scènes qu’il lui fut permis de voir et finalement son renvoi sur terre, où il revint à la vie après plusieurs jours de mort apparente. Il faut y ajouter le chapitre du célèbre roman le « Voyage en Occident » (西遊記), où est racontée la descente aux enfers de l’empereur « TaiZong des Tang » (唐太宗).               

« Enfer du Pilon » (碓捣地狱).

Le premier des Dix Rois est non seulement le souverain du premier enfer, mais aussi le chef des neuf autres rois, et le maître suprême du monde infernal, naturellement sous la dépendance de « l’Auguste de Jade » (玉皇大帝), et de son régent terrestre le « Grand Empereur du Pic de l’Est » (東嶽大帝). C’était, primitivement, dit on, « Yama » lui-même, ou « YanLuo Wang » ou « YanWang », comme son nom est prononcé en chinois, qui jadis occupait cette place. Mais il se montrait trop miséricordieux envers les criminels qui lui arrivaient : il leur permettait trop souvent de retourner sur terre quelques jours pour accomplir de bonnes œuvres et racheter ainsi leurs fautes, en sorte que les autres juges ne voyaient plus jamais personne se présenter à leur tribunal et que les méchants n’étaient pas punis. L’Auguste de Jade, pour le châtier, le dégrada de son rang suprême et l’envoya gouverner le cinquième enfer.

« Enfer des Chars aux Roues ardentes » (火輪車崩地獄).

Actuellement, c’est « QinGuang Wang » (秦廣王) qui remplit cet office. C’est à lui que les morts sont amenés en premier lieu; Il examine l’ensemble de leurs fautes, et les âmes pour lesquelles il trouve que mérites et démérites se compensent sont renvoyées renaître en ce monde sans qu’il leur soit infligé de peines. Pour celles des coupables, il les fait conduire sur la « Terrasse du Miroir des Péchés » (孽鏡台/ »NieJing Tai ») où leur apparaissent toutes leurs victimes, êtres vivants qu’ils ont mis à mort. Ensuite, elles sont menées aux autres rois qui doivent, chacun à leur tour, les juger et les châtier. C’est aussi lui qui renvoie sur terre, comme les démons affamés, les âmes des suicidés, jusqu’à ce que soit achevé le temps de vie qui leur était alloué par le Ciel et qu’elles ont raccourci d’elles mêmes, à moins qu’elles n’aient une excuse sérieuse à présenter, loyalisme envers le prince, piété filiale, chasteté pour les jeunes filles et les veuves. A leur retour, elles sont expédiées à la « Ville des Morts Vaines » (枉死城/ »WangSi Cheng »), dont on ne sort jamais pour renaître. Cependant on croit couramment qu’elles obtiendront de pouvoir revenir naître sur terre, quand elles auront trouvé un remplaçant : c’est pourquoi les âmes des noyés cherchent à faire noyer ceux qui passent la rivière, les âmes des pendus à persuader de se pendre tous ceux qui sont à leur portée, etc. On croit généralement aussi, bien que tous les tracts religieux, aussi bien taoïstes que bouddhistes, fassent ce qu’ils peuvent pour déraciner cette croyance, que le même sort attend non seulement les suicidés, mais tous les morts par accident même involontaire. Le premier roi est le grand juge, mais il ne châtie directement personne. Cependant il garde quelque temps les religieux malhonnêtes qu’il fait enfermer dans un cachot obscur et à qui il impose de terminer la récitation de toutes les prières qu’ils ont négligées pendant leur vie après s’être engagées à les dire.

« QinGuang Wang » (秦廣王), premier Roi des Enfers.

Le deuxième roi, « ChuJiang Wang » (楚江王), châtie les entremetteurs et les entremetteuses malhonnêtes (on sait que ce sont des intermédiaires absolument nécessaires pour qu’un mariage soit valable en Chine), les dépositaires infidèles, les médecins ignorants, ceux qui ont blessé ou mutilé des personnes ou des animaux, etc. Dans les seize sous enfers particuliers qu’il a sous sa juridiction, les châtiments sont très variés. Il y a un bagne des « Affamés » (餓鬼/les « pretas » bouddhiques), en face duquel on a mis par symétrie un bagne des Assoiffés; Il y en a d’autres où les morts sont dépecés comme des animaux de boucherie, où ils sont dévorés par des bêtes fauves, où ils sont liés à une colonne ardente, où ils sont ensevelis dans un étang de glace, etc.

« ChuJiang Wang » (楚江王), deuxième Roi des Enfers.

Dans le troisième enfer, « SongDi Wang » (宋帝王) châtie les mandarins prévaricateurs et tous ceux qui ont mal agi envers leurs supérieurs, femmes acariâtres avec leurs maris, esclaves qui ont nui à leurs patrons, employés déloyaux, condamnés qui ont échappé à la justice, et aussi les faussaires, les calomniateurs, ceux qui vendent le terrain de sépulture de famille. Aux uns on broie les genoux, aux autres on arrache le cœur ou les yeux, ou on coupe leurs pieds, ou leurs mains; D’autres sont suspendus la tête en bas, d’autres écorchés, ou encore ensevelis dans la vermine, etc.

« SongDi Wang » (宋帝王), troisième Roi des Enfers.

Le quatrième enfer, celui de « WuGuan Wang » (五官王), est celui où l’on punit les riches avares qui ne font pas l’aumône, ainsi que les gens qui, connaissant les recettes pour guérir les maladies, ne les font pas connaître; Les fraudeurs, faux monnayeurs, fabricants de faux poids et mesures, ceux qui déplacent les bornes des champs, les blasphémateurs, ceux qui volent dans les pagodes, etc. Les damnés sont emportés par un torrent, ou ils sont agenouillés sur des bambous aiguisés, ou ils doivent rester assis sur des pointes. Certains sont vêtus d’habits de fer, d’autres sont écrasés sous des poutres ou des rochers, d’autres sont ensevelis vivants, et à d’autres on fait manger de la chaux vive ou des drogues bouillantes. Là se trouve aussi le Lac de Sang Fétide, où sont plongées les femmes mortes en couches pour ne jamais en sortir; La croyance populaire est plus dure que les théories bouddhiques et taoïques qui essaient en vain de lutter contre elle, et on essaie parfois de la justifier en expliquant que, pour mourir en couches, il faut qu’une femme ait commis des crimes très graves, sinon dans cette vie, au moins dans une vie antérieure.

« WuGuan Wang » (五官王), quatrième Roi des Enfers.

Le cinquième enfer est celui du « Roi Yama, YanLuo Wang » (閻羅王). C’est là que sont châtiés les plus grands péchés religieux, mise à mort d’êtres vivants, incrédulité, destruction de livres de piété, etc. Les religieux qui ont manqué à leurs vœux, et surtout les chasseurs, les pêcheurs, les bouchers sont punis là; En ces lieux, ils reçoivent également les châtiments liés à la luxure, la séduction, le rapt et tout ce qui touche à la prostitution, etc. Les coupables sont d’abord envoyés à la « Terrasse d’où l’on regarde vers son village » (望鄉台/ »WangXiang Tai ») : de là, ils voient les malheurs qui ont fondu sur leur famille depuis leur mort et dont la cause est dans les démérites qu’ils ont accumulés. Puis ils sont conduits chacun dans un des seize sous enfers particuliers, où les uns, assis sur un siège de fer et liés à une colonne de fer, ont la poitrine ouverte, le cœur arraché, coupé en morceaux et jeté aux bêtes, tandis que d’autres sont coupés en morceaux sous un grand tranchoir, etc.

« YanLuo Wang » (閻羅王), cinquième Roi des Enfers.

Dans le sixième enfer, « BianCheng Wang » (卞城王) punit tous les sacrilèges : ceux qui maudissent le ciel, la terre, le vent ou la pluie, le chaud ou le froid, ceux qui manquent de respect aux dieux, fondent leurs statues pour en faire des sapèques ou en vendre le métal, déposent des ordures près des temples ou tournés vers la « Grande Ourse » (北斗), qui tissent ou impriment sur des étoffes d’usage profane les noms des dieux ou simplement des dragons ou des phénix, etc. Ceux qui conservent des livres obscènes. Les châtiments consistent à être écrasé par un rouleau, ou scié entre deux planches, ou écorché vif et empaillé; Quelques uns sont plongés dans une mare de boue et d’immondices, d’autres sont rongés par les rats ou dévorés par les sauterelles, et à d’autres on introduit des torches allumées dans la bouche, etc.

« Bian Cheng Wang » (卞城王), sixième Roi des Enfers.

Le septième enfer est celui du « roi du Pic de l’Est » (東嶽大帝), « Taishan wang » (泰山王), le prince héritier « TaiZi » (太子) du Roi Yama. Le nom garde le souvenir d’un temps (aux environs de l’ère chrétienne), où la religion populaire avait fait du Dieu du Pic de l’Est, présidant à la Vie et à la Mort, le souverain d’un monde des morts s’étendant au dessous de sa montagne; Mais ce n’est qu’une survivance onomastique car actuellement, le roi du septième enfer est considéré, malgré la ressemblance des titres, comme une divinité toute différente. C’est lui qui châtie ceux qui violent les sépultures, qui vendent ou mangent de la chair humaine, ou l’utilisent pour faire des médicaments, ceux qui vendent leur fiancée comme esclave, etc. Les uns sont plongés dans des chaudières d’huile bouillante, d’autres sont dévorés par les bêtes : des chiens leur rongent les jambes; On leur arrache la peau pour la donner à manger aux cochons, des vautours les dévorent, des mules les foulent aux pieds, à d’autres les démons leur ouvrent le ventre pour en sortir les intestins, etc.

« TaiShan Wang » (泰山王), septième Roi des Enfers.

Dans le huitième enfer, celui du « Pingdeng Wang » (平等王), sont punis principalement ceux qui ont manqué à la piété filiale, les damnés sont broyés sous des roues de char; On leur arrache la langue et sont plongés dans la fosse des latrines; On leur enfonce également des clous dans la tête et sont dépecés en dix mille morceaux, etc.

« PingDeng Wang » (平等王), huitième Roi des Enfers.

Le neuvième enfer, domaine du roi de « DuShi Wang » (都市王), est celui des incendiaires, des avorteurs, des peintres ou écrivains obscènes, et de ceux qui regardent ou lisent leurs œuvres. Parmi ses seize petits enfers, il y en a où les âmes sont dévorées par des guêpes, des fourmis, des scorpions, des serpents; Dans d’autres, elles sont moulues dans une meule à grain ou leur tête est cuite à l’étuvée par des démons. C’est aussi de ce roi que dépend la « Ville des Morts par Accident », où sont envoyés tous ceux qui se sont donné la mort sans raison; Leur châtiment consiste à renouveler éternellement leur suicide et à ne jamais renaître. Là aussi sont reléguées toutes les âmes qui, ayant commis des crimes graves aux enfers, sont punies de mort et, après exécution, cessent d’être des âmes pour devenir des « ombres d’âmes », incapables de renaître. La Ville des Morts par Accident est un lieu dont nul ne sort : quiconque y est enfermé n’a plus, comme les autres damnés, l’espérance de voir un jour finir sa peine et de se réincarner en ce monde.

« DuShi Wang » (都市王), neuvième Roi des Enfers.

Enfin le dixième roi est le celui qui fait tourner la Roue de la transmigration, « ZhuanLun Wang » (轉輪王). De même que le premier, il ne commande à aucun lieu de supplices : c’est lui qui décide des transmigrations à la sortie des enfers. Il a quatre vingts bureaux où d’innombrables employés tiennent les comptes des réincarnations; Comme dans ceux du Pic de l’Est, ce sont des esprits des morts qui en occupent les fonctions. Il juge, d’après les actes commis antérieurement, du sort de l’âme : si elle renaîtra homme ou animal, quel sera son rang, son bonheur, etc. Puis l’âme quittant le tribunal du Roi est conduite devant « Dame Meng » (孟婆), vieille femme qui fabrique le Bouillon d’Oubli. Elle vécut sous la « dynastie des Han » (漢朝) et qui, ayant refusé de se marier et ayant pratiqué toute sa vie les interdictions de tuer des êtres vivants et de manger des aliments gras, obtint l’immortalité et fut installée à la sortie des enfers pour y remplir cette fonction. Elle habite un grand bâtiment, avec une salle principale, où elle se tient comme à un tribunal, et de nombreuses salles secondaires; C’est dans celles ci que les bols de bouillon sont préparés d’avance. Des démons séparent les esprits des hommes de ceux des femmes, puis ils les font boire de gré ou de force, de façon que toute mémoire des enfers soit abolie au moment de retourner sur terre pour y renaître sous une forme quelconque. Le bol de bouillon avalé, l’âme est dirigée vers le « Pont NaiHe » (奈何橋), où deux démons l’attendent pour la jeter dans les eaux tumultueuses du « Fleuve de Sang Déferlant » (血河洶湧) afin qu’elle renaisse ailleurs.

« ZhuanLun Wang » (轉輪王), dixième Roi des Enfers.

De grandes peintures murales représentent dans les temples bouddhiques la « Roue de la Naissance et de la Mort » (生死輪) : c’est un tableau où sont figurées les renaissances parmi les diverses espèces d’êtres vivants, en rétribution des actes bons ou mauvais accomplis dans la ou les existences précédentes, que l’on appelle « les six voies » (六道). D’après la plupart des livres bouddhiques, il y a six voies des naissances, dont trois bonnes voies : naissance parmi les dieux (grands mérites), parmi les hommes (mérites moyens), parmi les « Asuras » (阿修羅/faibles mérites), et trois mauvaises voies, dont la naissance aux enfers (grands démérites), parmi les « démons affamés » (餓鬼/démérites moyens), parmi les animaux (démérites faibles).

« Enfer du dépeçage » (剝皮地獄).

« Il faut faire un cercle en forme de roue. Au milieu, placez l’essieu, puis faites cinq rayons pour séparer les représentations des cinq voies : en bas de l’essieu l’enfer, et, des deux côtés, les démons affamés et les animaux ; au dessus, il faut peindre les hommes et les dieux. L’essieu doit être enduit de couleur blanche et, sur ce fond, il faut dessiner un Bouddha, et, devant l’image de ce Bouddha, trois formes : un pigeon pour symboliser la convoitise, un serpent pour symboliser la colère, un porc pour symboliser l’ignorance. Sur la jante il faut représenter les douze causes qui produisent la naissance et la mort. En dehors le grand démon « Impermanence », les cheveux épars, la bouche ouverte, les bras étendus, embrassant la Roue. »

 

« Enfer de la pilule de Fer » (鐵丸地獄).

Les peintres chinois se conforment en général au modèle rituel : souvent, cependant, ils tiennent à ce que les tableaux des voies extrêmes se répondent, celui du paradis à la partie supérieure avec ses jardins et ses pavillons où se promènent les dieux, en face de celui de l’enfer à la partie inférieure, avec son tribunal où sont conduits les damnés et ses cours de supplices où ils sont châtiés; Dans ce cas, les tableaux des voies des Démons Affamés et des Animaux sont nécessairement rejetés tous deux d’un même côté pour faire pendant à celui de la voie des Hommes. Mais cette disposition fait souvent place à une division symétrique en six parties, où quelquefois, mais rarement, les Asuras, reprenant leur place, luttant avec les dieux.

 

« Enfer du lit de feu » (火床地獄).

Dans l’imagerie populaire, la division en six voies a pris le dessus, grâce à la disposition symétrique qu’elle permet; Cependant, les six voies sont rarement en conformité avec la tradition bouddhique; A côté des enfers des dieux, des humains et animaux qui ne changent pas, on trouve souvent les Asuras remplacés par les divinités terrestres chinoises et les démons affamés par des mendiants humains; Ou bien les animaux à poil, les oiseaux, les poissons, les insectes sont séparés dans des compartiments spéciaux.

                       YAMA DANS DRAGON BALL 

Le grand roi Enma est un ogre gigantesque à la peau rouge claire, il porte une épaisse barbe noire et a de longs cheveux, noirs également. Il porte un casque à cornes, qu’il ne quitte jamais. Il s’habille toujours avec un costume 2 pièces et ne quitte jamais son bureau. Le grand roi Enma est très impatient et s’énerve très vite, même pour des choses futiles. Malgré cela, il est à l’écoute des gens si ils ont besoin d’aide.

On sait qu’il a déjà quitté son bureau, car il s’est déjà rendu chez Maître Kaio pour se faire entraîner. Cela lui permet de gérer les défunts récalcitrants, comme Raditz qui tentera de combattre le grand roi Enma, sans succès malheureusement pour lui. Selon le pamphlet du film Dragon Ball Z – La super bataille décisive autour de la Terre, son niveau de puissance est de 1.300 et dans le jeu de rôle papier Dragon Ball Z: The Anime Adventure Game, son niveau de puissance est de 2.600.

Dans l’anime, la Princesse Serpent nous apprend quelle a réussi à l’attirer dans son palais il y a des centaines d’années et que depuis, ils se sont mariés.

Jīn Yōng (金庸)

Jīn Yōng (金庸 de son vrai nom Zhā Liángyōng, connu en Occident sous le nom de Louis Cha, est né le 10 mars 1924 à Haining et est décédé le 30 octobre 2018 à Hong Kong. Écrivain chinois de romans de cape et d’épée parmi les plus populaires, nombre de ses œuvres ont été adaptées en films et en séries télévisées.

En 1959, il cofonde le journal Ming Pao à Hong Kong, qu’il dirige comme rédacteur en chef jusqu’en 1993. Ses récits, inspirés de l’histoire chinoise qu’il retravaille librement, sont parfois perçus par ses lecteurs comme de véritables fresques historiques, à l’instar de l’influence d’Alexandre Dumas ou du roman des Trois Royaumes.

 

Biographie

Jin Yong, de son vrai nom Louis Cha, naît le 10 mars 1924 dans le district de Haining, province du Zhejiang, au sein d’une famille de lettrés – son père étant jinshi, lauréat des examens impériaux. Deuxième d’une fratrie de sept enfants, il commence ses études au premier lycée de Jiaxing, dont il est toutefois renvoyé pour avoir rédigé un texte satirique visant le directeur politique, représentant du Kuomintang. Il termine ensuite son cycle secondaire au lycée de Quzhou, puis poursuit ses études supérieures à la faculté des langues étrangères de l’Université Centrale de Chongqing. Rapidement, il change de voie et s’inscrit en droit international à l’université de Soochow à Suzhou, avec l’ambition de devenir diplomate.

En 1947, il débute sa carrière journalistique au Ta Kung Pao de Shanghai, avant d’être transféré l’année suivante à Hong Kong, où il s’installe définitivement. Affecté d’abord à la mise en page et à la correction, il devient ensuite rédacteur adjoint au Hsin Wan Pao. C’est là qu’il rencontre Chen Wentong, connu sous le pseudonyme de Liang Yusheng (梁羽生), pionnier du roman de cape et d’épée moderne. Sous son influence, Jin Yong se lance dans l’écriture. Son premier feuilleton, Le Livre et l’Épée, paraît en 1955. Deux ans plus tard, tout en continuant à écrire, il quitte provisoirement le journalisme pour devenir scénariste dans les studios Great Wall Movie Enterprises Ltd et Phoenix Film Company.

En 1959, il fonde avec son ancien camarade de lycée Shen Pao-sing (沈寶新) le quotidien Ming Pao, dont il sera rédacteur en chef pendant plus de trente ans. Il y publie ses romans en feuilleton ainsi que de nombreux éditoriaux. Sa production est intense : après avoir achevé son dernier roman en 1972, il se consacre à la révision et à l’édition de ses œuvres. Une première édition complète paraît en 1979 et rencontre un immense succès dans le monde sinophone, malgré les censures imposées tant à Taïwan qu’en Chine populaire, où ses récits sont tour à tour interprétés comme des critiques de Mao Zedong ou comme des éloges du communisme. Ses histoires inspireront par la suite films, séries télévisées et, à partir des années 1990, jeux vidéo.

À la fin des années 1970, Louis Cha est nommé au comité chargé de rédiger la Loi fondamentale de Hong Kong, mais il démissionne en 1989 pour protester contre le massacre de Tiananmen. Il rejoint néanmoins, en 1996, le Comité de supervision du retour de Hong Kong à la Chine.

En 1993, il cède ses parts du Ming Pao et prend sa retraite. Sa fortune est alors estimée à 600 millions de dollars HK. Marié trois fois et divorcé deux fois, il est père de quatre enfants : deux fils – dont l’aîné est décédé – et deux filles.

Distinctions

En 1981, Louis Cha est fait officier de l’ordre de l’Empire britannique. Il reçoit ensuite les distinctions de chevalier de la Légion d’honneur en 1992 et de commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres en 2004.

Il est professeur honoraire dans plusieurs universités prestigieuses, parmi lesquelles Pékin, Zhejiang, Nankai, Soochow, Huaqiao, Tsing Hua, Hong Kong (littérature chinoise), Colombie-Britannique et Sichuan. Il est également docteur honoris causa de l’université de Hong Kong (sciences sociales), de l’université polytechnique et de l’université ouverte de Hong Kong, de l’université de Colombie-Britannique, de l’université Sōka et de l’université de Cambridge.

Louis Cha est aussi membre honoraire du St Antony’s College d’Oxford, du Robinson College de Cambridge et Wynflete Fellow du Magdalen College d’Oxford. Soucieux d’obtenir un véritable doctorat, il s’inscrit en 2007 au St John’s College de Cambridge pour y préparer un doctorat en histoire chinoise.

 

Œuvre et romans 

Entre 1955 et 1972, l’auteur a publié quatorze romans ainsi qu’une nouvelle, L’Épée de la fille de Yue. Le succès fut considérable : plus de 30 millions d’exemplaires ont été officiellement écoulés, chiffre qui dépasserait les 100 millions en tenant compte des éditions piratées ou diffusées sous le manteau. Ses œuvres ont été traduites dans de nombreuses langues, dont le coréen, le japonais, l’anglais, le français, le vietnamien, l’indonésien, le birman et le thaï.

Œuvres principales

  • Le Livre et l’Épée (書劍恩仇錄 / 书剑恩仇录), publié en 1955 dans le Sin Wan Pao

  • L’Épée tachée de sang royal (碧血劍 / 碧血剑), paru en 1956 dans le Hong Kong Commercial Daily

  • La Légende du héros chasseur d’aigles (射鵰英雄傳 / 射雕英雄传), 1957, Hong Kong Commercial Daily

  • Le Renard de la montagne des neiges (雪山飛狐 / 雪山飞狐), premier épisode dans le Ming Pao en 1959

  • Le Justicier et l’Aigle mythique (神鵰俠侶 / 神雕侠侣), 1959

  • Autres aventures du renard (飛狐外傳 / 飞狐外传), 1960

  • Vers l’Ouest sur un cheval blanc (白馬嘯西風 / 白马啸西风), Ming Pao, 1961

  • La Danse de l’épée (鴛鴦刀 / 鸳鸯刀), Ming Pao, 1961

  • L’Épée céleste et le Sabre du dragon (倚天屠龍記 / 倚天屠龙记), Ming Pao, 1961

  • Le Secret fatal (連城訣 / 连城诀), Southeast Asia Weekly, 1963

  • Demi-dieux et semi-démons (天龍八部 / 天龙八部), 1963

  • La Ballade des paladins (俠客行 / 侠客行), 1965

  • Le Vagabond au sourire fier (笑傲江湖), Ming Pao, 1967

  • Le Cerf et le Tripode (鹿鼎記 / 鹿鼎记), 1969–1972

 

Nouvelle

  • L’Épée de la fille de Yue – T: 越女劍 S: 越女剑 (1970)

 

Analyse de l’œuvre

Trilogie et temporalité

La trilogie du « Héros chasseur d’aigles » est composée de La Légende du héros chasseur d’aigles, Le Justicier et l’aigle mythique et L’Épée céleste et le sabre du dragon. À cette saga est rattaché, dans une certaine mesure, Demi-dieux et semi-démons. Par ailleurs, certains personnages du Livre et l’épée réapparaissent dans Le Renard de la montagne des neiges et Nouvelles Aventures du renard.

L’Épée de la fille de Yue se déroule au VIᵉ siècle av. J.-C., à la transition entre les périodes des Printemps et Automnes et des Royaumes combattants. Quant à Demi-dieux et semi-démons et à la trilogie du Héros chasseur d’aigles, ils forment une vaste fresque historique centrée sur la dynastie Yuan : l’intrigue commence au XIᵉ siècle, sous les Song du Nord, et se poursuit de génération en génération jusqu’au XIVᵉ siècle, à la veille de l’avènement des Ming.

D’autres romans s’inscrivent à différentes époques :

  • Le Redresseur de torts au XVIᵉ siècle,

  • L’Épée tachée de sang royal et Le Cerf et le tripode au XVIIᵉ siècle,

  • Le Livre et l’épée ainsi que les deux Renards au XVIIIᵉ siècle,

  • Le Secret fatal au XIXᵉ siècle.

Le Vagabond au sourire fier ne précise pas son époque, l’auteur ayant voulu en faire une allégorie. Néanmoins, plusieurs indices situent l’action sous les Ming, tandis que les adaptations cinématographiques la replacent souvent sous le règne de l’empereur Wanli.

Enfin, Jin Yong a composé un poème mnémotechnique réunissant les premiers caractères de ses quatorze romans :

  • Chinois traditionnel : 飛雪連天射白鹿 笑書神俠倚碧鴛

On peut le traduire ainsi :
« La neige tombe sans fin, un cerf blanc est abattu ; [quelqu’un], adossé à un canard de jade bleu, sourit en écrivant les aventures des chevaliers extraordinaires. »

Éditions et réception

De nombreuses œuvres de Jin Yong furent longtemps censurées, aussi bien en Chine continentale qu’à Taïwan. Les autorités communistes comme nationalistes y voyaient chacune une critique voilée et un appui à l’adversaire politique. Durant cette période, les lecteurs n’avaient accès qu’à des éditions piratées, souvent modifiées.

Entre 1970 et 1980, l’auteur entreprit une révision complète de ses romans et publia une première version intégrale, appelée depuis l’ancienne édition. En 1979, la collection authentique fut éditée à Taïwan par Yuenching Publishing House (遠景出版社). En Chine populaire, la publication officielle commença en 1980, dans le magazine Wulin (武林) de Guangzhou. Deux éditions en caractères simplifiés suivirent :

  • 1994 : Sanlian Shudian (三联书店), Pékin,

  • 1995 : Minheshe Singapore-Malaysia (明河社星马分公司).

Une dernière révision eut lieu entre 1999 et 2006, donnant naissance à la nouvelle édition, enrichie d’annotations où Jin Yong répond aux critiques sur ses libertés prises avec l’histoire.

Les passionnés de son œuvre, souvent eux-mêmes amateurs de kung-fu, se sont rassemblés en clubs, puis sur des forums en ligne. Le premier « jinyongologue » fut son ami Ni Kuang, écrivain de science-fiction. Même Deng Xiaoping a reconnu son intérêt pour ces romans.

En 2004, les Éditions éducatives populaires (人民教育出版社) de Chine inclurent un extrait de Demi-dieux et semi-démons dans un manuel scolaire pour le secondaire, malgré les critiques dénonçant une littérature jugée « irréaliste et violente ». Une initiative similaire eut lieu à Singapour pour l’enseignement en chinois.

Parmi les admirateurs célèbres de Jin Yong figurent Deng Xiaoping, Jack Ma et Xi Jinping.

Thèmes

Le nationalisme occupe une place centrale dans l’œuvre de Jin Yong. Ses récits mettent fréquemment en scène la résistance contre des envahisseurs étrangers — Khitans, Jurchens-Mandchous ou Mongols. Cependant, l’auteur se distingue d’un chauvinisme exclusivement Han : il accorde une place importante à des personnages issus des minorités ethniques chinoises, souvent représentés de manière positive. Ainsi, dans La Légende du héros chasseur d’aigles, Genghis Khan et son fils apparaissent comme des figures nobles, supérieures aux fonctionnaires corrompus de la dynastie Song. De même, dans Le Cerf et le tripode, l’empereur mandchou Kangxi est présenté comme un héros chinois à part entière. Le protagoniste de Demi-dieux et semi-démons, quant à lui, incarne le déchirement identitaire entre ses origines khitanes et han.

Les romans de Jin Yong sont également traversés par de multiples références à la culture traditionnelle chinoise : la médecine et l’acupuncture, les arts martiaux (wushu), la musique, la calligraphie, le jeu de weiqi (go), l’art du thé, mais aussi les grands courants philosophiques et spirituels que sont le confucianisme, le bouddhisme et le taoïsme.

Héros

Contrairement aux romans traditionnels de kung-fu, où les protagonistes apparaissent d’emblée comme des maîtres accomplis, Jin Yong choisit de présenter ses héros dès leur adolescence et décrit minutieusement leur formation. Une autre originalité réside dans l’importance qu’il accorde aux héroïnes, certaines étant même des personnages principaux. Il introduit également des figures historiques réelles dans ses récits.

Ses héros incarnent les idéaux confucéens : fidélité au souverain, respect des liens familiaux, loyauté. Le concept de la face y est aussi déterminant. Toutefois, Jin Yong s’autorise quelques entorses, notamment pour explorer des histoires d’amour que la morale traditionnelle aurait réprouvées, comme celle de Yang Guo et Xiaolongnü dans Le Retour du héros chasseur d’aigles. À l’inverse, son dernier roman, Le Cerf et le tripode, rompt avec ces codes en mettant en scène un anti-héros : un enfant de bordel, paresseux, intéressé et indifférent aux convenances.

Parmi les groupes de personnages emblématiques figurent les cinq maîtres wujue (五絕), ou « Cinq excellences », issus de la saga du Héros chasseur d’aigles. Liés chacun à un des cinq orients, ils sont d’abord :

  • Huang Yaoshi, l’« Hérétique de l’Est » (東邪),

  • Ouyang Feng, le « Poison de l’Ouest » (西毒),

  • Duan Zhixing, l’« Empereur du Sud » (南帝),

  • Hong Qigong, le « Mendiant du Nord » (北丐),

  • Wang Chongyang, le « Devin du Centre » (中神通).

Plus tard, cette liste évolue :

  • Yang Guo, la « Folie de l’Ouest » (西狂),

  • Yideng, le « Moine du Sud » (南僧),

  • Guo Jing, le « Héros du Nord » (北俠),

  • Zhou Botong, le « Garnement du Centre » (中頑童).

Comme dans tout roman d’arts martiaux, les combattants appartiennent à des écoles. Dans l’univers de Jin Yong, Shaolin et Wudang occupent une place majeure. D’autres factions sont religieuses, tel le Culte de la lumière (Mingjiao), ou issues de son imagination, comme la célèbre Secte des mendiants (丐幫/丐帮).

Enfin, un personnage mystérieux traverse l’ensemble de l’œuvre : Dugu Qiu Bai (獨孤求敗). Bien qu’il soit évoqué dans Le Justicier et l’aigle mythique, Le Vagabond au sourire fier et Le Cerf et le tripode, il n’apparaît jamais directement.

Éditions françaises

Traductions françaises des œuvres de Jin Yong publiées chez Librairie You-Feng

  • La Légende du héros chasseur d’aigles

    • Tome 1, trad. Jiann-Yuh Wang (2004)

    • Tome 2, trad. Jiann-Yuh Wang (2005)

  • Le Justicier et l’Aigle mythique

    • Tome 1, trad. Xie Weidong & Nicole Tagnon (2013)

    • Tome 2, trad. Xie Weidong & Nicole Tagnon (2013)

    • Tome 3, trad. Xie Weidong & Nicole Tagnon (2014)

    • Tome 4, trad. Xie Weidong & Nicole Tagnon (2014)

  • Tian Long Ba Bu (Demi-dieux et semi-démons)

    • Tome 1, trad. Xie Weidong & Nicole Tagnon (2016)

    • Tome 2, trad. Xie Weidong & Nicole Tagnon (2017)

    • Tome 3, trad. Xie Weidong & Nicole Tagnon (2018)

    • Tome 4, trad. Xie Weidong & Nicole Tagnon (2018)

    • Tome 5, trad. Xie Weidong & Nicole Tagnon (2020)

  • La Ballade des Paladins

    • Tomes 1 & 2, trad. Philippe Denizet (2017)

Adaptations au cinéma

  • 1971 : La Rage du tigre de Chang Cheh
  • 1978 : Heaven Sword and Dragon Sabre de Chu Yuan
  • 1978 : Heaven Sword and Dragon Sabre 2 de Chu Yuan
  • 1980 : A Deadly Secret de Mou Tun-fei
  • 1993 : Le Poison et l’Épée de Poon Man-kit (zh)
  • 1994 : Les Cendres du temps de Wong Kar-wai
  • 2023 : Sakra, la légende des demi-dieux de Donnie Yen

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