L’origine des pieds bandés

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Aujourd’hui je vous parle d’une tradition chinoise vieille de onze siècles qui (fort heureusement) tend à disparaître complètement. Je dis heureusement parce que c’est pas du tout drôle, c’est physiquement contraignant, ça fait mal et j’aime pas trop avoir mal et puis surtout ça marque clairement le patriarcat chinois et ça non plus j’aime pas trop. Découvrons tout de suite l’histoire des pieds bandés .

L’origine des pieds bandés

La pratique des pieds bandés apparaît en Chine, au Xè siècle, durant la dynastie des Tang. L’histoire raconte que l’Empereur a demandé à sa femme de bien vouloir se bander les pieds afin de pouvoir danser correctement la danse traditionnelle dite du lotus. Elle le fait, évidemment, elle ne va pas dire non à l’Empereur. Et concrètement, je ne sais pas si c’est la soumission à la torture de sa meuf, ou l’idée qu’elle ait des petits pieds , mais l’Empereur va l’exhiber. Cela va devenir la mode dans les hautes classes de l’Empire.

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Pour se retrouver avec des pieds de lotus, c’est pas facile…

La méthode des pieds bandés

L’idéal c’est de commencer le processus sur une gamine de quatre ou cinq ans, c’est pas parce qu’à cet age là elle a encore les os mous, non, c’est parce que les pieds ont la taille idéale pour qu’à l’age adulte les pieds bandés ne dépassent pas les 7,5 cm (jugée taille idéale, c’est le lotus d’or!) mais en fait, ça dépasse quand même. Le procédé prend tout de même deux ans. Dans un premier temps, il faut tremper les pieds dans de l’eau chaude, ou encore mieux, du sang animal et quelques plantes. Le pouce reste à sa place, mais les quatre autres orteils sont alors pliés contre le dessous du pied. Ainsi placés, les orteils donnent au pied la forme d’un bouton de lotus.Les pieds sont bandés. Très fort. Il faut sans cesse resserrer les bandages et surtout, la jeune fille doit porter des chaussures bien spécifiques.

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Il arrive d’ailleurs régulièrement que les orteils soient cassés, volontairement ou non, l’idée est que le pied passe dans la chaussure. Comme cendrillon, mais en tordu. Au fil des années, les chaussures lotus sont de plus en plus étroites pour des pieds bandés toujours plus petits.

Les blessures

Le problème de mettre les orteils dessous, c’est que lorsqu’on  marche , on marche dessus les écrasants encore plus et il arrive régulièrement que les orteils ne soient plus irrigués, du coup, pas d’oxygène, pas de sang, ça nécrose et parfois les orteils tombent. A ce moment là, c’est la grosse victoire ! Bin oui, la fille va pouvoir porter des chaussures lotus encore plus petites. Ouais, enfin, entre  la nécrose, les fractures, les infections, on estime à 10% de décès de septicémie quand même. Pour les survivantes, les pieds sont douloureux à vie et en particulier l’hiver avec le froid et la faible circulation sanguine. On peut clairement parler de mutilations.

La généralisation des pieds bandés

Malgré tout ce que ça implique, la douleur, les blessures, les infections, les possibles septicémies, au XIè siècle la pratique va s’étendre. Si d’abord ce sont seulement les femmes de la cour de l’Empereur qui pratiquent le bandage des pieds, petit à petit le reste de la population va suivre. Eh oui, avoir une femme aux pieds bandés c’est la mode ultime.

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Elles marchent en faisant des petits pas, elles sont obligées de rester à la maison car elles ne peuvent pas se déplacer trop longtemps sans souffrir, alors ça veut dire que l’Homme gagne suffisamment sa vie pour faire vivre la famille. C’est un symbole de richesse et de distinction. J’aime autant vous dire que les paysannes, elles n’avaient pas les pieds bandés car on avait besoin de travailler à l’extérieur. Les femmes aux pieds bandés peuvent toutefois travailler en tant que brodeuses, couturières…


L’interdiction des pieds bandés

C’est l’impératrice Cixi, qui, la première a voulu changer les choses. En vain… Alors avec la fin des dynasties et l’arrivée de la République de Chine, en 1912, le bandage des pieds est strictement interdit et les femmes doivent enlever leurs bandages. Sauf que pour certaines femmes cela est très compliqué

Impératrice Cixi

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Elles ont grandi avec les pieds déjà abîmés, ce sont leurs pieds bandés qui ont permis certains mariages, alors non, elles ne veulent pas que ça s’arrête. Elles continuent la pratique et surtout elles perdurent à le pratiquer sur des jeunes filles. Bin oui, c’est un peu un héritage. C’est finalement en 1949, avec la République Populaire de Chine que la pratique des pieds bandés va (presque) définitivement disparaître. Il reste encore de nombreuses femmes vivantes qui ont les pieds cassés, comme en témoignent les photos ci-dessus.

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Le chapeau, symbole du statut social dans la Chine ancienne

Le couvre chef a été inventé il y a longtemps en Chine. Parmi les expressions, par exemple, il existe « yi guan chu chu » (habillé avec soin de pied en cap) et « guan mian tang huang » (élégant et majestueux dans l’habillement) etc… Les mots « guan » et « mian » font ici référence au couvre-chef.

Le port des bonnets (ou des chapeaux) avait un code qui tenait une part importante dans le code vestimentaire en Chine : quand un homme atteignait l’âge de 20 ans, il commençait à porter un bonnet, et à cette occasion, il y avait une cérémonie appelée « guanli » (cérémonie du chapeau) indiquant qu’il avait grandi.

Le bonnet dans la Chine ancienne n’était pas identique à celui d’aujourd’hui. Il possédait seulement un étroit rebord couvrant une partie seulement de la voûte crânienne, à la différence des bonnets actuels qui couvrent toute la tête.

Après la naissance du bonnet, des règles hiérarchiques en termes de statut social s’appliquèrent à son port: une personne pauvre avec un statut social bas n’avait pas le droit de porter un bonnet. Cette règle était différente de dynastie en dynastie.
Sous la dynastie Han (206 avant J.C-220 après J.C), la forme du bonnet était quasiment identique à la forme actuelle. Le bonnet devait être assorti à un bandeau. Une personne d’origine modeste ne pouvait porter qu’un bandeau et un mineur n’était autorisé qu’au port d’un faux bandeau. L’influence d’une telle règle dura jusqu’à la dynastie Ming (1368-1644)

Sous la dynastie Ming, le « wushamao » (un bonnet en gaze noire) apparut dans l’uniforme officiel. « Mian » apparut plus tôt que « guan » et faisait généralement référence à « mian » (couronne) utilisée en particulier par le roi. Le fils de l’empereur ne pouvait être couronné que lorsqu’il accédait au trône (jiamian, en Chinois, signifiant offrir la couronne)
Les travailleurs ne pouvaient porter qu’un bandeau, principalement pour essuyer la sueur et ensuite il servait de bonnet.

Les bonnets Chinois avaient leurs propres formes nationales. Dans le passé, les populations des dynasties Liao (916-1125) et Jin (1115-1234) portaient habituellement des bonnets de fourrure, et celles de la dynastie Yuan (1271-1368) avaient des bonnets et des chapeaux en forme de casques. Il existait en outre les bonnets un peu plus colorés des Ouigours, ceux en feutre des Tu, en fourrure de renard des Mongols, etc …

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Religion traditionnelle chinoise
Démons et esprits de la nature
Il existe également des démons ou génies issus souvent de la nature, malfaisants ou non selon les cas, dont le type le plus connu, yāo jīng (妖精), est un animal qui s’est chargé d’énergie au fil du temps. Accumulant plus facilement l’énergie yin, ils sont en majorité de sexe féminin. C’est le cas des célèbres renardes séductrices des contes ou de l’héroïne de la Légende du serpent blanc.
L’au-delà et la mort
La notion que l’individualité peut subsister après la mort si elle est nourrie par les sacrifices ou si elle est celle d’une personnalité exceptionnelle est sûrement très ancienne. Les croyances chinoises antiques semblent avoir attribué à l’homme plusieurs composantes vitales se séparant au moment du décès.
  • Il y a tout d’abord l’âme « inférieure » pò (魄) : nécessaire à la vie mais de moindre importance elle est dite rester dans le cercueil après la mort et finir par s’y dissoudre avec le temps.
  • Il y a ensuite l’âme « supérieure » hún (魂), immortelle.
  • Parfois aussi on distingue le shén (神), qui a donné le mot dieu.
Le culte des ancêtres devait à l’origine en faire des divinités protectrices du clan en nourrissant leur shen, mais les ancêtres d’aujourd’hui ne sont plus divinisés. On leur rend néanmoins un culte qui peut leur assurer une meilleure situation dans les enfers ou une meilleure réincarnation, et qui a le pouvoir d’entretenir la fortune de la famille, de même que le choix judicieux selon les règles du feng shui de l’emplacement de leur tombe.
  • explication bouddhiste : l’âme immortelle va aux enfers après la mort payer pour ses méfaits et une fois tous les enfers traversés elle boit au fleuve de l’oubli3 et est réincarnée en fonction de son karma.
  • explication taoïste : l’âme du défunt continue à vivre dans le monde de l’ombre, sorte de monde démoniaque, équivalent yin de notre monde yang. Mais contrairement à la vision occidentale, le monde des morts inter-pénètre notre monde.
Les détails de la destinée outre-tombe peuvent varier selon les individus. Beaucoup envisagent un jugement de la part d’un juge infernal, deux divinités étant candidates au rôle, Yanluowang d’origine bouddhiste et le Dieu-Préfet d’origine locale, avec pour les plus coupables un séjour non éternel mais parfois très long dans un enfer dont l’iconographie est d’origine hindo-bouddhiste. Certains imaginent un séjour de durée indéterminée outre-tombe, qui peut être passé dans un certain confort grâce aux meubles ou voitures brûlés lors des cérémonies funéraires et aux sacrifices des vivants. Ce lieu serait un lieu administré par des fonctionnaires ressemblant beaucoup à leurs homologues d’en-haut. Mais l’opinion la plus générale, très influencée par le bouddhisme, est que l’âme se réincarne, sa vie future étant déterminée par les actes de son existence précédente. L’objectif ultime peut être le nirvāna, ou plus modestement un paradis comme celui de la Terre pure du bouddha Amituofo.
La réincarnation n’est pas immédiate, et pendant quelques jours au moins l’ancien vivant est un fantôme, gŭi (鬼). L’existence des spectres est donc un fait indiscutable pour la plupart des gens, même si tout le monde n’est pas capable de ressentir leur présence. Cette période de vie fantomatique peut se prolonger pour certains, particulièrement les personnes à qui aucune offrande n’est faite ou qui sont décédées de mort violente, ces dernières sont particulièrement dangereuses car on pense que l’effroi causé par leur épreuve leur a brouillé l’esprit ; elles sont donc aveugles à la voie de la réincarnation et pensent sortir de leur douleur en attirant une victime qui prendra leur place ; ce genre d’esprit est souvent désigné comme responsable des noyades, accidents de la route ou suicides considérés comme inexplicables.
De toute façon, même s’ils sont de la famille ou animés des meilleures intentions, le contact des fantômes, de par leur nature trop yin, est préjudiciable à la santé humaine. On veille donc à éviter les visites inutiles dans les cimetières et autres lieux marqués par la mort, ainsi que les comportements censés les attirer, comme le fait de siffler à la nuit tombée. Le terme gui ayant une connotation péjorative, on s’efforce de ne pas les courroucer en leur donnant des appellations plus agréables telles que « bons frères » (haoxiōngdì 好兄弟).
Les fantômes affamés
Représenté comme des vagabonds errants, ce sont des âmes orphelines dignes de pitié : ils sont d’aspect efflanqués et faméliques. Quoique surnaturels, ils ne sont pas « classés » dans la hiérarchie divine et peuvent être maléfiques comme bénéfiques. Ces fantômes peuvent avoir plusieurs origines :
  • La personne meurt sans descendant et personne ne peut assurer le culte des ancêtres. Ne recevant plus d’offrandes de nourriture, l’âme/esprit de la personne décédée devient un fantôme/démon (鬼 gŭi). C’est dans le but d’assurer ce culte que certains très vieux chinois adoptaient parfois des jeunes gens comme leurs propres enfants afin qu’ils poursuivent le culte de leurs ancêtres. Ces personnes venaient souvent de familles nombreuses, ou d’une famille de condition sociale ou économique inférieure à celle de l’adoptant.
  • La personne meurt de malemort ou d’un terrible accident qui fait que son esprit va rester autour de son cadavre et chercher à communiquer avec les vivants sans savoir lui-même qu’il est mort.
  • Il s’agit d’un suicidé qui nourrit encore de la rancœur à l’encontre d’un vivant.

Si certains esprits en attente de réincarnation hantent les lieux de leur vie ou de leur mort, beaucoup semblent vivre dans ce lieu d’attente que sont les enfers, dont la porte est ouverte pendant un mois chaque année (septième mois du calendrier lunaire) par décret de la bureaucratie céleste. Ils peuvent ainsi tenter de régler les affaires laissées en suspens par leur décès et font parfois, volontairement ou non, des victimes. C’est pourquoi la tradition veut que l’on évite autant que possible les activités à risque pendant cette période. À divers moments du mois, et particulièrement le quinzième jour, Fête des fantômes, un repas accompagné de prières pour leur délivrance leur est offert. Cette cérémonie se nomme pŭdù (普度) de « universel » et « passage, libération ».
Pour tout problème causé par les fantômes, et pour les délivrer de leur condition actuelle, on fait appel aux maîtres taoïstes et aux moines bouddhistes. Les premiers sont spécialistes des rituels de protection contre les spectres qu’ils sont censés savoir tenir en respect. Une croyance prêtait à certains maîtres taoïstes du Hunan le pouvoir de ramener chez eux sous forme de jiangshi, sorte de zombie, les cadavres des gens morts au loin, pour qu’ils puissent bénéficier des rites et d’une sépulture convenable de la part de leur famille. Les prières des moines bouddhistes, presque toujours présents lors des cérémonies funéraires, ont le pouvoir de faciliter leur délivrance.
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Danse du Lion
La danse du lion (chinois simplifié : 舞狮 ; chinois traditionnel : 舞獅 ; pinyin : wǔshī, parfois appelée danse de la licorne ou danse du qilin au Viêt Nam) est une danse traditionnelle de la culture chinoise et d’autres pays asiatiques où des danseurs, revêtus d’un costume de lion, imitent les mouvements de l’animal. Elle est exécutée le plus souvent pour le Nouvel An chinois et pour d’autres festivités religieuses ou culturelles chinoises, mais aussi à des ouvertures de foires commerciales, pour des mariages, ou tout simplement pour honorer des invités importants : cette danse est censée apporter la chance.
Elle est parfois confondue avec la danse du dragon malgré deux différences importantes : le nombre des danseurs (deux pour chaque lion, alors qu’un seul dragon en demande au moins une douzaine) et le fait que les danseurs sont visibles dans la danse du dragon, figurine qu’ils tiennent et manipulent au bout de longues perches. Les mouvements de base de la danse du lion, contrairement à ceux de la danse du dragon, se retrouvent par ailleurs dans la plupart des arts martiaux chinois.
L’origine de la danse du lion est incertaine, mais n’est probablement pas chinoise, l’animal y étant inconnu avant la dynastie Han. Outre les deux formes principales de la danse, au nord et au sud de la Chine (cette dernière largement répandue dans le monde entier par la diaspora chinoise), on trouve également des versions japonaises, coréennes, tibétaines et vietnamiennes. Une autre forme de la danse du lion existe dans la culture indonésienne, mais elle provient d’une tradition différente et est plutôt décrite sous le nom de Singa Barong.
Historique
Il existe une tradition chinoise, remontant à l’Antiquité, de danseurs portant des masques d’animaux ou de créatures mythiques ; dans des textes tel que le Classique des documents, des descriptions de danses de bêtes sauvages et de phénix pourraient ainsi être des danses masquées. Dans des ouvrages de la dynastie Qin sont décrits des danseurs exécutant des rituels d’exorcisme et portant des masques d’ours ; des textes de la dynastie Han mentionnent des « mimes » (象人) imitant des poissons, des dragons, et des phénix. Cependant, le lion n’est pas présent en Chine avant la dynastie Han, et l’on suppose donc que la danse du lion viendrait de pays comme la Perse et aurait été introduite en Chine en passant par l’Asie centrale ; d’autres auteurs envisagent une origine indienne. Selon l’ethnomusicologue Laurence Picken (en), le mot chinois pour « lion », shi (獅, écrit 師 autrefois), pourrait être dérivé du mot perse šer. Le mot shi(zi) signifiant « lion » apparait dans des textes de la dynastie Han en association étroite avec l’Asie centrale (un terme antérieur devenu obsolète était suanni (狻麑 ou 狻猊)) ; des lions furent présentés à la cour des Han par des ambassadeurs de l’Empire parthe.
Des descriptions détaillées de la danse du lion apparaissent sous la dynastie Tang ; à cette époque, les écrivains et les poètes la considèrent comme une danse étrangère. Cependant, des danses analogues ont peut-être été remarquées en Chine dès le troisième siècle de notre ère, Meng Kang (孟康), un érudit de l’époque des Trois Royaumes, décrivant des « scènes de lion » dans un commentaire du Hanshu. Ces premières mentions l’associent avec le bouddhisme : dans un texte de la dynastie Wei du Nord, Description des temples bouddhistes à Luoyang (洛陽伽藍記), une parade d’une statue de Bouddha du temple de Changqiu (長秋寺) est menée par un lion pour chasser les mauvais esprits.
Plusieurs versions de la danse existaient sous la dynastie Tang. À la cour des Tang, la danse du lion était appelée la Musique de la Grande Paix (太平樂, Taiping yue) ou la Danse des Cinq Directions (五方師子舞), où cinq grands lions de différentes couleurs, correspondant à différentes émotions, étaient chacun tenu en laisse par deux personnes, et accompagnés par 140 chanteurs. Dans une version plus tardive, les cinq lions avaient plus de trois mètres de hauteur, et chacun était accompagné de douze « écuyers » qui les agaçaient avec des plumeaux rouges. Une autre version de la danse était exécutée par deux personnes, comme cela est décrit par le poète Bai Juyi dans Arts des Liang occidentaux (西凉伎) ; la danse est présentée par des danseurs hu (胡, dans ce contexte, des populations non Han venant d’Asie centrale) portant un costume de lion avec une tête en bois, une queue de soie et un costume en fourrure, des yeux bordés d’or, des dents recouvertes d’argent, et des oreilles mobiles, dans un spectacle ressemblant à la danse du lion actuelle ; vers le huitième siècle, cette danse avait atteint le Japon. Durant la dynastie Song, la danse du lion était couramment exécutée durant des festivals, et connue comme danse du lion du Nord sous les Song du Sud.
Dans le sud de la Chine, une forme dite méridionale de la danse du lion apparut par la suite, vraisemblablement originaire de la province du Guangdong. Plusieurs mythes sont associés à cette danse : une version parle de la célébration de la mise en fuite d’un monstre appelé Nian ; une autre veut que l’empereur Qianlong ait rêvé d’un animal porte-bonheur alors qu’il visitait la Chine du Sud, et ait ordonné que l’image de l’animal soit utilisée durant les fêtes. Il est cependant probable que le lion du Sud soit une adaptation du lion du Nord aux mythes locaux de Canton, peut-être sous la dynastie Ming.
Variantes régionales
Les deux principaux types de danse du lion en Chine sont les danses du Nord et du Sud. Il existe cependant nombre de variantes locales, et certains de ces lions sont d’aspect très différent, comme par exemple le lion vert (chinois traditionnel : 青獅 ; pinyin : qīng shī), populaire dans la province du Fujian et à Taïwan. D’autres minorités ethniques de Chine ont souvent aussi leurs propres danses du lion ; c’est par exemple le cas de la minorité musulmane du xian de Shenqiu dans le Henan. On trouve aussi des danses masquées représentant des créatures mythiques apparentées, comme le qilin et le pixiu. La danse du qilin, qui a donné naissance à l’appellation « danse de la licorne », est le plus souvent exécutée par les Hakkas, originellement venus de Chine du Nord, mais désormais installés dans le sud de la Chine et en Asie du sud-est.
On rencontre d’autres formes de la danse du lion dans la plupart des pays d’Extrême-Orient, comme le Japon, la Corée ou le Viêt Nam, ainsi que parmi les communautés de l’Himalaya.
Le lion de la Chine du Nord
La danse du lion de la Chine du Nord (chinois simplifié : 北狮 ; pinyin : běi shī) est souvent exécutée par un couple de lions (un mâle et une femelle). La tête est en bois doré, avec une crinière hirsute orange et jaune, ornée d’une rosette rouge pour le mâle et verte pour la femelle. Cependant, des variantes locales existent.
Le lion du Nord ressemble à un pékinois ou à un lion gardien, et ses mouvements sont réalistes. Il se livre souvent à des acrobaties, se tenant en équilibre sur une plateforme ou sur une grosse boule. Ils se présentent souvent en famille, avec un couple d’adultes et deux lionceaux ; deux danseurs occupent le corps de chaque lion adulte ; la famille est souvent précédée d’un « guerrier » tenant un objet sphérique et guidant les lions.
La danse du Nord est en général moins solennelle que celle du Sud. On rencontre souvent des variations acrobatiques de la danse, par exemple la danse de la Tour céleste (chinois simplifié : 天塔狮舞 ; pinyin : tiān tǎ shī wǔ), du xian de Xiangfen dans le Shanxi, dans laquelle plusieurs lions escaladent une haute tour formée de tabourets en bois21 ; on connait aussi des acrobaties de lions sur fil de fer. Parmi les régions ayant les troupes de lions les plus réputées, on trouve le xian de Xushui dans la province du Hebei, et le xian de Ninghai dans celle du Zhejiang.
Le lion de la Chine du Sud

 

La danse du lion de la Chine du Sud (chinois simplifié : 南狮 ; pinyin : nán shī) est originaire du Guangdong. Le lion, associé à la légende du monstre mythologique appelé Nian, est représenté avec une corne unique (d’où l’appellation de danse de la licorne, plus fréquente au Viêt Nam). La tête du lion est généralement faite en papier mâché sur un cadre de bambou; le corps est formé de couches de tissu solide bordé de fourrure. Récemment, on s’est mis à fabriquer des lions avec des matériaux modernes plus légers, comme de l’aluminium, et rendus plus brillants par des revêtements métalliques, mais qui sont moins durables que la laque traditionnelle. Les costumes des danseurs sont assortis au lion, bien que certains portent des pantalons de kung-fu pour un aspect plus traditionnel.
Il y a deux styles principaux de cette danse : le Foshan (chinois simplifié : 佛山 ; pinyin : fúshān ; litt. « colline des bouddhas »), et le Heshan (chinois simplifié : 鹤山 ; pinyin : hèshān ; litt. « colline de la grue »), tous deux nommés d’après leur lieu d’origine. D’autres styles mineurs sont le Fut-Hok (un hybride du Foshan et du Heshan créé à Singapour par Kong Chow Wui Koon vers 1960), et le Jow Ga (en) (exécuté par des pratiquants du style de kung-fu de la famille Jow). Ces différents types se distinguent en particulier par le dessin de la tête du lion.
Le Foshan est le style qu’adoptent la plupart des écoles de kung-fu. Il demande des mouvements puissants et de la force pour tenir les postures. Le lion devient un emblème de l’école de kung-fu, et seules les élèves les plus avancés sont autorisés à participer à la danse. Le lion Foshan traditionnel a des soies dures au lieu de fourrure, et est plus lourd que les modèles populaires modernes ; il a aussi une queue très longue à laquelle sont souvent attachées des clochettes, des yeux pivotant de droite et de gauche, des dents et une langue saillante. Derrière, on trouve une plaque métallique sur laquelle le nom de la troupe peut être inscrit. Enfin, il possède un large front, des lèvres ourlées, et, comme tous les lions du Sud, une corne, pointue dans ce style. Des styles régionaux de ce lion se sont développés dans le monde entier ; en général, les soies sont remplacées par de la fourrure, la queue est moins ornée (et les clochettes sont supprimées), les yeux sont fixes et la langue ne sort pas.
Le lion Heshan est connu pour sa richesse expressive, sa démarche unique, son aspect impressionnant, et le style dynamique de la musique de tambours qui l’accompagne. On pense que ce style a été créé par le « roi du lion de Canton », Feng Gengzhang (chinois traditionnel : 馮庚長 ; pinyin : Féng Gēngzhǎng), au début du 20e siècle. Feng venait d’un village de la ville-district de Heshan, dans le Guangdong ; son père lui avait appris les arts martiaux et la danse du lion. Par la suite, il étudia la danse du lion de Foshan avant de revenir dans son village et d’y créer sa propre école. Il développa sa version unique de la danse du lion en imitant les mouvements des chats, inventant des figures telles que « capture de la souris », « capture de l’oiseau », ou « roulade sur le flanc » ; lui et ses disciples introduisirent aussi des changements dans la tête du lion, abaissant son front, arrondissant sa corne, et lui donnant un bec de canard avec des lèvres plates. Le corps du lion a également un aspect plus puissant, et est revêtu de couleurs éclatantes. Combinant de nouveaux pas de danse, des déplacements agiles, et un rythme unique appelé le « tambour des sept étoiles », Feng créa un nouveau style, divertissant et d’un grand appel visuel. Au début des années 1920, la danse du lion Heshan fut exécutée en public alors que Sun Yat-sen était gouverneur militaire de Guangzhou, et fit sensation. Vers 1945, les danseurs Heshan étaient souvent invités pour des festivals et des célébrations non seulement en Chine, mais dans toute l’Asie du Sud-Est. Le style Heshan devint très populaire à Singapour sous le nom de Hok San ; le lion y prenant le titre de « roi des rois des lions », et portant sur le front l’idéogramme « roi » (王). D’autres améliorations ont été apportées par l’Association Hok San de Singapour, raccourcissant la queue du lion pour le rapprocher des chats, et créant de nouveaux accompagnements de tambour.
Différentes couleurs indiquent l’âge et le caractère des lions. Le lion blanc est le plus âgé, le lion à la fourrure jaune d’or est l’enfant du milieu et le lion noir est le plus jeune ; ses mouvements doivent être vifs comme ceux d’un enfant ou d’un adolescent rebelle. De même, le lion doré représente la vivacité, le lion rouge le courage, et le lion vert l’amitié. Par ailleurs, trois figures de lions représentent les trois frères de sang du roman des Trois Royaumes ayant juré de restaurer la dynastie Han :
  • Le lion Liu Bei (Lau Pei en cantonais) est l’ainé des trois frères , son visage est jaune impérial (car il devint le premier empereur du royaume de Shu) et sa barbe et sa fourrure sont blanches en signe de sagesse. Sa queue multicolore montre qu’il contrôle les cinq éléments. Son collier porte trois médailles pour rappeler qu’il est l’aîné. Ce lion est utilisé par les écoles dirigées par un maître d’art martial (Sifu), et est connu comme le Rui Shi (chinois traditionnel : 瑞獅 ; pinyin : Ruì Shī ; litt. « Lion de la Fortune »).
  • Le lion Guan Gong (Kwan Kung en cantonais) a un visage rouge, des soies et une longue barbe noire (un des surnoms de Guan Gong était « le duc à la belle barbe »). Sa queue est rouge et blanche. En tant que cadet, son collier porte deux médailles. Ce lion, souvent utilisé, et qui représente également la force et le courage, est connu comme le Xing Shi (chinois traditionnel : 醒獅 ; pinyin : Xǐng Shī ; litt. « Lion Éveillé »).
  • Le lion Zhang Fei (Cheung Fei en cantonais) a un visage noir, une courte barbe, des petites oreilles, et des soies noires ; sa queue est noire et blanche. En tant que benjamin, son collier ne porte qu’une médaille ; traditionnellement, son corps est recouvert de clochettes pour avertir de son approche. Ce lion est utilisé par les clubs débutants ou voulant lancer un défi ; il est connu comme le Dou Shi (chinois traditionnel : 鬥獅 ; pinyin : Dòu Shī ; litt. « Lion Combattant »), car Zhang Fei avait un caractère emporté et adorait se battre.
Trois autres lions furent ultérieurement ajoutés à ce groupe : un lion vert, appelé le Lion Héroïque, représentant Zhao Yun (souvent considéré comme le quatrième frère), un lion jaune-orange, appelé le Lion Juste, représentant Huang Zhong, et un lion blanc, le Lion Funéraire, représentant Ma Chao, qui n’apparait que pour l’enterrement d’un maître ou d’un dirigeant du groupe. Avec Guan Gong et Zhang Fei, ils constituent les « cinq généraux-tigres de Shun », et chacun correspond à une des couleurs des cinq éléments.
La danse du lion est connue au Viêt Nam sous le nom de danse du qilin ou de la licorne (vietnamien : múa lân). Elle est importée de Chine, mais a acquis des caractéristiques locales : bien que la plupart des lions du Viêt Nam ressemblent à ceux de la Chine du Sud, leur performance et le détail de leur aspect en diffèrent nettement. La danse est exécutée principalement lors de fêtes traditionnelles comme celle du Têt et lors de la fête de la mi-automne (Trung thu tiết), ainsi qu’à d’autres occasions comme l’inauguration d’un nouveau magasin. La danse a pour but de chasser les mauvais esprits, et est souvent accompagnée par des pratiquants d’arts martiaux et des acrobates.
Une caractéristique de la danse de la licorne vietnamienne est d’être accompagnée par Ông Địa, l’esprit de la Terre, représenté comme un homme au grand sourire et au gros ventre tenant un éventail en feuilles, ressemblant au « Bouddha à grosse tête » (大头佛) chinois, lequel apparaît parfois dans la danse du lion de la Chine du Sud. Cet esprit bienveillant est censé avoir le pouvoir d’invoquer la licorne, animal apportant la chance ; durant la danse, il lui ouvre le chemin. L’aspect comique de Ông Địa ajoute au caractère festif et joyeux de la danse.
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Confucius ( 孔子 )

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Confucius
Naissance
-551
Zou, pays de Lu
Décès
479 av. J.-C.
Qufu, pays de Lu
Sépulture
Cimetière de Confucius ( 孔林 ).
Nationalité
Chine
École/tradition
Confucianisme
Principaux intérêts
Éthique, politique
Influencé par Zi Chan, Lao Zi, Zhou Gong  ( 子產 , 老子 , 周公 ).
A influencé
Mencius, Xun Zi, Zhu Xi        (  孟子 , 荀子, 朱熹 )
Adjectifs dérivés
Confucianisme , Confucéen : Le confucianismeRújiā (儒家) « école des lettrés » puis Rúxué (儒学) « enseignement des lettrés »
Père
Shu Liang He 叔梁紇 )
Mère
Yan Zhengzai  (顏徵在)
Fratrie
Meng Pi  ( 孟皮 
Enfant
Kong Li  ( 孔鯉 )

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