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Le Pai Liang Qiao ( 白蓮花邪教 ) la secte du Lotus Blanc
Le Pai Liang Qiao ( 白蓮花邪教 : la secte du Lotus Blanc ou Société du lotus blanc “ littéralement La “ Secte du Lotus Blanc qui enseigne le mal “ désigne un ensemble assez disparate de “ sectes chinoises “ syncrétiques actives du 19e au 20e siècle, prétendant remonter à une école bouddhiste du 12e siècle qui connut en son temps un grand succès, l’École du lotus blanc. Interdite dès le 14e siècle ( 1308 et 1331 ) à cause du comportement de certaines de ses branches, elle fut vite discréditée auprès des autorités et des milieux bouddhiques, mais garda une forte présence dans la population. Selon l’Encyclopédie des Ming, l’ensemble des écoles Lotus blanc aurait totalisé deux millions de membres et participé à de plus de quatre-vingts soulèvements. Sous les empereurs Qianlong et Jiaqing des Qing, une centaine d’écoles s’en seraient réclamées. Il est possible aussi que des sectes suspectes non héritières du Lotus blanc aient été incluses dans l’ensemble par les autorités. Lotus blanc n’est un autonyme que pour l’école d’origine et les sectes qui en sont issues portent chacune son nom propre, Les Huit Trigrammes ( Ba Gua 八卦 ) par exemple.Les mouvements de révolte étant souvent encadrés par des sectes populaires, des écoles du Lotus blanc furent impliquées dans de nombreux soulèvements au cours des trois dernières dynasties, Yuan, Ming et Qing. Parmi les plus célèbres, celle des Turbans rouges menés par Zhu Yuanzhang, qui s’empressa d’ailleurs de faire interdire le Lotus blanc une fois empereur. On peut encore citer les révoltes de Tang Sai’er au début du 15e siècle et de Xu Hongru au début du 17e siècle ( Ming ), ou la Rébellion des sectes du Sud-Ouest de la fin du 18e siècle ( Qing ).
L’École du lotus blanc
Le nom de l’école remonte à la Société du lotus blanc, premier groupe de dévotion au bouddha Amitabha fondé en 402 sur le mont Lu par le moine Huiyuan. Dans les siècles suivants, avec l’expansion du mouvement Terre Pure, de nombreux groupes similaires nommés Sociétés du lotus apparurent.Probablement en 1131, Mao Ziyuan, originaire du Jiangsu, disciple d’un maître Tiantai et adepte de Terre Pure, fonda un mouvement qu’il nomma Lotus blanc en hommage à Huiyuan. En plus des prières et de la méditation, il entraînait ses disciples à se purifier et à se repentir pour entrer dans la terre pure d’Amitabha, et fonda pour cela l’Oratoire expiatoire du Lotus Blanc.Il est devenu difficile de connaître la nature exacte de l’école et la psychologie du fondateur car leur image a été interprétée à travers les mouvements qui s’en réclameront dans les siècles suivants. Il semble qu’elle ait été au départ une authentique école bouddhiste car l’ouvrage principal de Mao Ziyuan, le Trésor de l’école du lotus du mont Lu, est cité avec admiration par des moines célèbres des dynasties ultérieures, et même inclus un moment dans le canon bouddhique des Ming. Mao obtint de l’empereur la reconnaissance de sa nouvelle école et le titre de Patriarche. Un moine Chan, Youtan, appréciait beaucoup l’école à laquelle il se joignit, et se donna beaucoup de mal pour la réhabiliter aux yeux de l’administration après sa première interdiction. Grâce à ses efforts, elle redevint légale pour 20 ans en 1311.Néanmoins, des informations contenues dans les dossiers officiels sur le bouddhisme attribuent à Mao Ziyuan des comportements non-orthodoxes : le fondateur de Terre Pure, dans une vision, lui aurait remis une lecture secrète de ses deux textes préférés, le Sūtra du Lotus et de Sūtra Vimalakirti, et il aurait eu recours à la possession divine pour leur interprétation. Obsédé par la couleur blanche, il aurait fini par ne permettre à ses disciples qu’une sorte de chou dit « légume blanc » comme aliment. Le « légume du lotus blanc » serait d’ailleurs devenu le surnom de son école.
La mauvaise réputation
Sous les Song, le bouddhisme est moins lié aux élites sociales que sous les Tang et pénètre plus en profondeur dans la population. Avec son groupe de disciples composé pour partie de moines (ordonnés ou non) et pour partie de laïcs suivant chez eux des règles assouplies, Mao Ziyuan est dans la tendance de l’époque, mais certains de ses disciples laïcs transmettent à leur tour son enseignement selon leur propre interprétation. En un siècle la doctrine d’origine aura été nettement transformée, et d’autres mouvements sans relation avec le Lotus blanc s’en réclameront. Certains attireront sur eux et l’école d’origine les foudres des autorités.
Dès la fin du XIVe siècle, le Lotus blanc, inscrit sur la liste des mouvements réprouvés, a perdu sa réputation d’école bouddhiste respectable, et seuls subsistent les mouvements populaires de plus en plus nombreux et actifs. Le nom collectif de « secte(s) du Lotus blanc » les désignera couramment à partir du XVIe siècle. Le mouvement du Lotus blanc.
En dehors de l’école d’origine, les groupes qui se réclament du Lotus blanc se rangent dans la catégorie du taoïsme populaire et syncrétique. Leur nature exacte, idéologie et pratiques varient, mais on retrouve un certain nombre d’influences communes et la même tendance au mélange de déités et de concepts d’origines diverses.
Maitreya
La déité centrale de l’école d’origine, Amitabha, fut assez vite remplacée par Maitreya, le bouddha de l’avenir, favori des sectes millénaristes. Déjà sous les Wei du Nord, le moine Faqing, qui proposait d’abandonner le bouddhisme courant qui lui semblait dégénéré au profit du culte de Maitreya, avait débuté une révolte populaire.Han Shantong, initiateur du soulèvement de 1351, le premier d’une série qui ferait tomber la dynastie mongole, se présentait comme l’incarnation de Maitreya et organisait des séances de visite virtuelle au paradis Tusita pour les fidèles. Il attira de nombreux adeptes et inspira la levée d’une armée populaire appelée Armée de l’encens dont les Turbans rouges et le fondateur de la dynastie Ming faisaient partie.
La secte Luo
Cette secte fut fondée au début du 16e siècle (Ming) par le moine chan Luo Menghong du Shandong. Mouvement syncrétique, il associait le bouddhisme Terre Pure au culte d’une divinité taoïste, la Mère ancienne non-née. Il recruta tout d’abord dans le milieu des militaires responsables des convois de ravitaillement, qui diffusaient sa doctrine au fil de leurs déplacements. Comme il se déclarait ennemi du Lotus blanc et du culte de Maitreya, il obtint un moment la reconnaissance officielle sous le nom d’École du non-agir. Néanmoins, il ne tarda pas à être mis à l’index à son tour, eu égard au rôle stratégique de ses fidèles de base, les militaires. Il n’en continua pas moins d’exercer jusqu’à la fin des Qing une grande influence, y compris sur les sectes du Lotus blanc.
Manichéisme
Présent en Chine à partir des Tang, le manichéisme influença la religion populaire chinoise, surtout sous les Song dans le Fujian où apparurent des « Écoles de la lumière » associant religion locale et concepts manichéistes. Centrées sur le thème du bien triomphant du mal, ces écoles seront aussi à l’origine de rébellions, à commencer par celle de Fangla sous les Song du Nord. Une croyance populaire chinoise – qui n’a jamais pu être prouvée – est que Zhu Yuanzhang aurait choisi le nom de sa dynastie (Ming, « lumière ») sous l’influence des éléments manichéistes de la religion populaire. Courant Xiantian DaoOn retrouve dans beaucoup de sectes du Lotus blanc le même ensemble de divinités que dans les écoles du courant du Ciel des origines fondé au 18e siècle par Huang Dehui de la mouvance Quanzhen. Un certain nombre d’entre elles se réclament des deux lignées.
On y retrouvait donc aussi de ce courant :
  1. la Société des Grands Sabres ( Da Dao Hui )
  2. la Société des Huit Trigrammes ( Bagua Jiao ) pratiquant la « Boxe » du même nom, le Ba Gua Zhang ( Paume des Huit Trigrammes )
  3. les Poings de la Justice et de la Concorde ( Yi He Quan ) réputés pour leur maîtrise du Style de Shaolin ( Shaolin Ji Jia )
  4. la Société du Petit Couteau ( Xiao Dao Hui ) pratiquant les Styles du Nord ( Pei Jia )
  5. la Société de élixir d’Or ( Jin Dan Hui ) axée sur les pratiques du Dao Yin et du Tai Ji Quan ainsi que sur la magie.
  6. L’Ecole du Mei Hua Zhang ( Paume de la Fleur de Prunier ) a participé à cette révolte et fourni des effectifs non négligeables.
A l’origine les Yi Ho Tuan s’étaient donné pour but de « Renverser les Qing et de rétablir les Ming » ( Fan Qing Fu Ming )… donc de chasser les Mandchous pour rendre le trône impérial à un empereur chinois.Habilement manipulés par l’impératrice Cixi ( Tseu Hi ) et le Prince Duan, ils se retournèrent en fait contre les envahisseurs occidentaux et japonais et entreprirent le siège des légations à Pékin en 1900.
Les puissances mises en cause bombardèrent Pékin et envoyèrent un corps expéditionnaire qui écrasa le mouvement et contraignit l’impératrice à de nouveaux traités inégaux, exigeant une fabuleuse rançon en or qui mit la Chine à genou pour de longues années. Le vingtième siècle commençait bien.
Sun Yat-Sen le premier président de la République Chinoise et le Société des Aînés et des anciens…
Ce que l’on sait moins, par contre, est que le fondateur de la République de Chine, Sun Yat Sen était lui-même issu d’une société secrète la Société des Aînés et des Anciens (Ge Lao Hui) et plus particulièrement de la Loge de la Ligue Jurée (Tong Men Hui) qu’il mit largement à contribution pour conquérir le pouvoir en 1911. Son « modèle de gouvernement » fut calqué sur le fonctionnement de cette société. En 1912 il fut évincé du pouvoir par le général Yuan Shi-Kai qui, confucianiste acharné, n’avait pas de mots trop durs pour fustiger ces sociétés : Sectes vicieuses ( Xie Jiao ), sectes obscènes ( Yin Jiao ), pseudo religions ( Wei Jia ), sectes perverses ( Yao Jiao ), brigands sectaires (Jiao Fei ), associations de brigangs ( Hui Fei ), tortues puantes ( Fang Gui ) etc étaient ses qualificatifs les plus poétiques pour les désigner.
En 1914 la Chine fut encore secouée par le mouvement « Le loup blanc recrute » ( Bai Lang Zhao Liang ) qui se heurta aux troupes de Yuan Shi-Kai ce qui causa encore des millions de morts dans les provinces du Nord-ouest. Le Ba Gua Zhang  » Paume des Huit Trigrammes « .
NB : ATTENTION !!!
Prenez le nom “ Secte “ au premier sens du mot !!!!
Le mot « secte » désigne d’abord un ensemble d’individus plus ou moins important qui s’est détaché d’un enseignement officiel philosophique, religieux ou politique pour créer leur propre doctrine, et qui travaillent à faire valoir et imposer leur point de vue dans le monde.
En France, ce mot possède une définition pénale quand il concerne des organisations et leurs dirigeants abusant de façon statutaire de la vulnérabilité de leur cible (enfants et personnes en situation de détresse, en particulier)1.
Le terme a pris dans plusieurs langues, et particulièrement en français, une dimension polémique, et tend à y désigner de nos jours un groupe ou une organisation, souvent à caractère religieux, dont les croyances ou le comportement sont jugés obscurs, inquiétants ou nocifs par le reste de la société.
Les responsables de ces groupes sont souvent suspectés d’une part d’étouffer la liberté individuelle au sein du groupe ou de manipuler mentalement leurs disciples, en s’appropriant parfois leurs biens et les maintenant sous contrôle entre autres par la fatigue, et d’autre part de menacer l’ordre public.

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L’école du lion d’or, association Pai Liang Qiao, fut fondée en 2014 par Philippe Reus, élève du maître Hu Dong Liang, dernier descendant de l’école du Lotus Blanc.

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