Tang Lang Quan : Boxe de la Mante Religieuse (螳螂拳)

Tang Lang Quan : Boxe de la Mante Religieuse (螳螂拳)

Le Tang Lang Quan (螳螂拳)  ,est un terme générique qui sert à désigner la totalité des styles de «la mante religieuse». Il appartient aux styles d’imitation animalière, n’oublions pas qu’il ne suffit pas d’imiter l’animal, mais de le devenir.

Maître Luo Guan Yu pratiquant la technique dite:  » La Mante capture la cigale ».

Histoire

La quintessence de la légende, recopiée par les nombreux copistes qui ne font pas la différence entre mythe des origines et données historiques :

Le fondateur du style de la mante religieuse serait un certain Wang Lang (王朗), durant la dynastie Song (宋朝:xe – xiiie siècle) ou bien à la fin de la dynastie Ming (明朝xive – xviie siècle), dans la province de Shandong (山東省). Il viendrait d’une famille aisée et aurait étudié les arts martiaux dans sa jeunesse auprès des moines de Shaolin (少林寺).

Wang Lang, plus petit et moins fort physiquement que ses homologues se faisant battre à chaque combat. Aussi il décida de trouver un moyen de pallier le manque de force.

Un jour en se promenant, Wong fut témoin d’un combat entre une mante religieuse et une sauterelle. Wang Lang fut fasciné par l’agressivité, la vitesse et la force de la mante religieuse. Lorsque la sauterelle attaquait, la mante se jetait sur le côté, et avec la vitesse et la force de l’éclair elle immobilisait la sauterelle avec ses avant-bras puissants.  Wang Lang emmena la mante chez lui pour l’étudier de près. Il employa un roseau pour poignarder la mante et soigneusement étudia ses mouvements, examinant comment elle réagissait aux diverses situations. Wang Lang imitait alors ces actions et lentement son dispositif évolua.

Wang Lang a longuement compilé ces mouvements dans ce qui est connu actuellement comme formule verbale de douze mots clés, les sept longs, huit courts, huit modèles rigides de main, les douze modèles flexibles de main, les huit points vulnérables et huit d’attaque mortelle. Ceci a mené au développement du modèle du style de la mante religieuse avec ses mouvements caractéristiques forts et rapides.

Lorsque Wang Lang a été satisfait, il a ajouté au nouveau modèle les meilleures techniques tirées des dix-sept autres modèles qu’il avait auparavant étudiés. Plus il pratiquait, plus il se rendait compte que quoique la structure du modèle ait été particulièrement rapide, dépeignant la puissance et la vitesse de la mante, le jeu de pieds était incorrect pour délivrer des coups brefs.

C’est en observant, plus tard des singes qui jouaient ou combattaient, que la solution lui apparu clairement. S’il pouvait fusionner les positions intelligentes du singe avec les mouvements de main de la mante, la vitesse des mains et des pieds serait assurée.

Au-delà de la légende, on peut observer qu’il s’agit d’un style syncrétiste qui mêle les techniques de main de divers styles de la grue et les techniques de déplacements du singe.

La grande variété des styles de mante religieuse, tous issus de la province du Shandong, et qui se sont ensuite répandues vers le Sud de la Chine, montre la complexité à construire sérieusement une «généalogie». Il existe des styles, branches et écoles de mante religieuse du Shandong qui n’ont pas encore été répertoriés.

Wang Lang

Styles de tang lang quan 

Ba Bu Tang Lang Quan: « La Mante des Huit Pas » (八步螳螂拳)

ou Ba Ji Tang Lang Quan: « La Mante des Huit Fondamentaux » (八極螳螂拳)..

Ce style fut créé durant les années 1800 par Jiang Hua Long (姜化龍: 1855-1924) , un élève de Liang Xue Xiang ( (梁学香 1810-1895 ) le fondateur du Mei Hua Tang Lang: 梅花螳螂拳) . Avant d’apprendre la Mante Religieuse, il avait étudié le Mei Hua Quan (梅花拳) et un style de boxe du singe, puis le Tong Bei Quan (通臂拳) à Yantai avec Wang Zhong Qing et le Ba Gua Zhang (八卦掌) et le Xing-Yi Quan (形意拳) avec Chen De Shan. Sa méthode est ainsi inspirée de tous ces styles. Feng Huang Yi, un élève de Jiang, y ajouta des techniques de Qin Na (擒拿: saisies 108 clefs) du Yin Zhao Quan (鷹爪派: Boxe des serres de l’Aigle)  et des projections du Shuai Jiao (摔跤: lutte Chinoise). Le cœur du dispositif se compose de six enchaînements, les ba bu zhai yao quan.

Bimen Tang Lang Quan🙁閉門螳螂拳)  « La Mante de la Porte Fermée » ou Mimen Tang Lang Quan (秘門螳螂拳): La Mante de la Porte Secrète.

Wang Yu Shan, élève de Jiang Hua Long et de Song Ji De, enseigna à Liu Do San, qui eut lui-même pour disciple Zhang De Kui (張德奎 : 1947- ). Ce dernier s’installa à Taiwan, où le style qu’il pratiquait prit le nom de Bi Men Tang Lang ou Mi Men Tang Lang. On utilise des positions basses et des frappes du coude. Les transitions sont bien plus complexes que dans les autres styles, donnant la possibilité grâce à des feintes de parvenir en corps-à-corps. C’est en fait une version du Mei Hua Tang Lang.

Chang Quan Tang Lang Quan  (长拳螳螂拳 : La Mante de la Boxe Longue).

Huang Yong Kai, qui étudia le Tang Lang de Liang Zhong Chuan ( fils de Liang Xue Xiang  梁學香 19e-début 20e ) , eut pour élève Ji Zhong De, qui eut lui-même pour disciple Wang Suting (1884-1964). Ce dernier enseignait le Qing Dao à l’institut Guo Shu. C’était un ami de Luo Guangyu, un maître de Qi Xing Tang Lang (七星螳螂拳) , et de Huang Hanxun, l’élève de ce dernier. Le style de Tang Lang qu’il enseignait était un mélange de Qi Xing Tang Lang, de Mei Hua Tang Lang (梅花螳螂拳)  et de méthodes de combat à longue distance. À Taiwan , ce style était appelé Qi Xing Tang Lang , et Wang Su Ting l’appelait lui-même Shuai Shou Tang Lang. Ce style qui ne comporte qu’une dizaine de formes c’est modifié récemment par ajout d’autres styles de Tang Lang.

Guang Ban Tang Lang Quan (光板螳螂拳 : « La Mante de la Planche Brillante »), style duquel dérivent le Chang Quan Tang Lang et le Fan Che Tang Lang) .

Fan Che Tang Lang Quan (翻车螳螂拳 : « La Mante du Chariot » / métaphore pour définir  des mouvements de rotation des bras en attaque et en défense).

Liu He Tang Lang Quan (六合螳螂拳 : « La Mante des Six Combinaisons » ou « des Six Harmonies »).

Fondée au XIXe siècle par Lin Shi chun (Ding Zi Cheng 丁子成 1880 -1956), qui avait étudié le Liu He Quan, elle est aujourd’hui pratiquée dans les comtés de Zhaoyuan et Huanxian ( 招远 et ??? province de Shandong : 山東省 ). Elle combine les trois principes du Yin et les trois principes du Yang pour l’évasion ou l’absorption souple d’une attaque et l’attaque dure. Ce style possède 6 enchaînements issus du Tang Lang Quan et 1 enchaînement issu du Liu He Quan.

Mei Hua Tang Lang Quan (梅花螳螂拳 :  « La Mante de la Fleur de Prunier »).

Ce style fut créé par Liang Xue Xiang (梁學香 ; 19e-début 20e), un élève de Zhao Qi Lu, qui étudia lui-même avec Li Bing Xiao (李炳霄 1731-1813). On y utilise énormément les poings (préférés à la main ouverte), frappant en successions rapides de trois ou cinq coups saccadés. La colonne vertébrale est utilisée comme un fouet.

Mi Zong Tang Lang Quan (迷蹤螳螂拳 : « La Mante de la Piste Mystérieuse »).

Qi Xing Tang Lang Quan (七星螳螂拳 : « La Mante des Sept Etoiles »), référence à la constellation d’étoiles de « la Grande Ourse » mais également, et en particulier, aux 7 coordinations nécessaires pour pratiquer et comprendre ce style.

Créée par Wang Yong Chun (Wang Yun Sheng, 1854-1926) de Yantai (烟台 : province de Shandong). Yun Sheng avait étudié le Chang quan et le Di Tang Quan (地趟拳 : littéralement  » boxe au sol « ), avant de devenir le disciple de Li Zhi Jian, lui-même élève de Shang Xiao. Venant de Lijia (Shandong), Li Zhi Zhan, surnommé « Li aux mains comme l’éclair », avait été un escorteur de convoi particulièrement connu appelé en chinois un  : 镖师 . Yun Sheng modifia le style de Tang Lang qu’il apprit auprès de Li Zhi Zhan en y ajoutant des techniques de combat à longue distance ; il appela sa méthode Qi Xing, s’inspirant du nom de la salle où il enseignait alors (Kui De Tang, Kui faisant référence aux premières étoiles de la Grande Ourse). Il développa une théorie faisant correspondre des parties du corps avec les 7 étoiles de la Grande Ourse. Son disciple le plus célèbre fut Fan Xu Dong, qui eut lui-même pour élève Luo Guang Yu, l’homme qui popularisa le style hors du Shandong en devenant dans les années 1920 l’un des 3 grands maîtres du Jingwu de Shanghai (精武體育會). Il eut pour élève Chiu Chi Man (趙志民 😕 – 2002) qui forma plusieurs pratiquants dont : Lee Kam Wing (代李榮 ; 1947 – )

Ce style a subi des modifications notables lors de sa diffusion dans le Sud de la Chine : Réduction et simplification des mouvements, l’accent est mis sur la force des coups au détriment de la fluidité, posture plus haute.

Shuai Shou Tang Lang Quan (甩手螳螂拳 : « La Mante des Mains qui Projettes « ).

On y utilise les techniques de saisie et de lutte. Les frappes du poignet sont courantes, et le style préfère briser que frapper (c’est la réponse de la Mante au Qin Na).

Tai Ji Tang Lang Quan (太極螳螂拳 : « La Mante du Faît Ultime »).

Les coups sont délivrés en utilisant l’énergie interne, en frappes pénétrantes. Les parades absorbantes sont préférées aux blocages. Les mouvements sont amples et le rythme alterne mouvements calmes et mouvements rapides.

Tai Ji Mei Hua Tang Lang Quan  (太极梅花螳螂拳 : « La Mante de la fleur de prunier et du Faîte Ultime »).

Ce style fut créé par Hao Lian Ru, qui étudia le Mei Hua Tang Lang avec Liang Xue Xiang et Jiang Hua Long. C’est son héritier Hao Heng Lu qui mit en forme la méthode et lui donna son nom.

Wah Lum Tam Tui Tang Lang Quan (弹腿螳螂拳 :  « La Mante des Jambes Ressort/Projectile/Printemps  du temple de Wah Lum »).

Les techniques de pied y sont prépondérantes. Les coups de pied y sont bas et rapides, cassants, rarement donnés au-dessus des genoux. En fait c’est une compilation de plusieurs styles de Kung Fu (功夫)..

Yu Huan Tang Lang Quan (餘歡螳螂拳 « La Mante de l’Anneau de Jade »).

Nommé ainsi à cause de son travail de jambe spécifique.

La Mante immaculée (完美螳螂拳).

les poignets sont gardés courbés et les mains ouvertes pour générer une puissance qui fouette sur les courtes distantes. L’accent y est mis davantage sur les techniques de main que dans les autres styles du nord.

Il existe certains styles « claniques » ou spécifiques 

Hua Lin Tang Lang Tan Tui Men : mante du temple de Hua Lin (華林寺螳螂拳).

Han Gong Jia Tang Lang Quan : mante de la famille Han Kun.

Tong Bei Tang Lang Quan : mante des bras joints (通背螳螂拳).

Shaolin Tang Lang Quan : mante de Shaolin.(少林螳螂拳).

Shen Ji Tang Lang Quan : mante de l’esprit Suprême (神極螳螂拳).

Zui Tang Lang Quan : mante ivre.(酒螳螂拳).

Styles rares moins répandus

Poing du Dragon de la Mante Religieuse (龍拳螳螂拳 : Fortement influencé par la boxe du même nom). Le style est enseigné à Taiwan par des étudiants du maître Gao Dao Shen.

Boxe de la Mante de la Famille Ma (黑螳螂拳 : Transmise par Ma Hei Long (黑龍) dans le nord de la Chine après avoir fui la révolution culturelle). Son meilleur élève, Ma Qing Long, a été le premier à enseigner le style au public.

Boxe du canard à l’orange de la Mante Religieuse (鴨子與橙色螳螂拳 ou 鴛鴦螳螂拳) utilisant énormément les jambes au combat s’apparentant aussi au Tong Bei .

Sous la Dynastie des Qin (221~206 av JC), à l’époque des Royaumes Combattants, l’épée fut forgée sous forme d’épée longue, à lame droite à double tranchant, plus étroite que les lames de l’Epoque des « Printemps-Automnes », commode pour frapper d’estoc et de taille à la fois.

Le plat de la lame passera d’une section losangique octogonale à 8 arêtes, à une lame comportant ensuite 6 arêtes (section losangique hexagonale) et la longueur de la lame peut atteindre 1m ! C’est l’apogée de l’épée à deux mains.

NB : Voici le lien de nôtre page YouTube sur une vidéo montrant la forme à l’épée  de notre école réalisée par Maître Sun Zhi Bin ( 孫志斌 ). N’hésitez pas à vous abonnez à nôtre page !!!.réalisé par Maître Sun Zhi Bin ( 孫志斌 ). N’hésitez pas à vous abonnez à nôtre page !!!.

 

 

Cheng Tinghua (程廷華 1848-1900).

Cheng Tinghua (程廷華 1848-1900)

He Jin, Feng Junyi, Cheng Ting Hua & Cheng You Long

L’art de Cheng Tinghua 

Il né en 1848 dans le village de la famille Cheng, comté de Shen (莘县) , actuel Hebei (河北) maintenant dans le Shandong (山東省), il était le troisième de quatre frères. Cheng Ting Hua aimait beaucoup les arts martiaux et dans sa jeunesse, il a appris à manier un sabre de près de 3 mètres de long et un grand bâton lourd. 

On raconte que parce qu’il avait des marques au visage lorsqu’il était jeune, il était surnommé « troisième fils aux marques de cloque ». Encore jeune, Cheng Tinghua, déménage à Beijing (北京 : Pékin) où il travaille comme apprenti chez un fabriquant de lunettes. C’est à Beijing également qu’il débute l’apprentissage des arts martiaux à travers la lutte chinoise Le Shuai Jiao (摔跤) et les style de Shaolin (少林) . Il travaille la lutte avec passion et son nom devient relativement connu dans les cercles de lutteursSelon certains, il aurait également pratiqué la lutte mongole… (ᠮᠣᠩᠭᠣᠯ ᠪᠥᠬᠡ).

À la fin des années 1800, deux styles de lutte étaient populaires à Pékin : la lutte mongole et la lutte rapide venant de la ville de Baoding (保定) . Dans ce  style dès que l’adversaire est entré en contact avec le lutteur, il est directement jeté. Il n’y a pas de lutte ou de bagarre comme on le voit dans la lutte occidentale . Cette lutte combinait également saisies , coups de pied , clefs de bras et frappes de poing avec ses propres techniques  de projection  .

Cheng Tinghua était un lutteur passionné et étudia les deux styles de lutte populaires lorsqu’il était jeune à Beijing. Il pratiqua dur et s’est fait un nom en tant que lutteur . Il n’était pas encore devenu à l’époque réellement un grand nom dans le monde des arts martiaux mais cependant, la plupart des artistes martiaux le connaissaient et savaient qu’il était habile à la lutte .

De constitution grande et robuste, il vendait des lunettes et c’est pourquoi il hérita du surnom de « Cheng les Lunettes » (程眼鏡) . Selon Liu Jing Ru (劉敬儒 : héritier de l’école Cheng de la 4° génération, ancien champion de Chine, aujourd’hui 8° duan de la Fédération de Wushu (武術) , Dragon d’argent, nommé préparateur aux JO 2008 et maître de plusieurs champions de Chine) son surnom fut Shen Li Yan Jing Cheng soit « Esprit-Force-Lunettes-Cheng ». (程神力眼鏡). D’autres l’appellent comme ses élèves  :  » Cheng le cobra « .(程眼鏡蛇). Comme celui-ci il bougeait fluidement mais en réalité c’était une manière détournée de se moquer de lui . Cheng était myope comme une taupe et possédait des lunettes dites  » en cul de bouteille  » à verres épais comme les ronds dans le dos du cobra de plus Il tenait initialement une boutique d’optique près du temple Huoshen, dans la quatrième rue du marché aux fleurs, à l’extérieur de la porte Chongwen à Pékin.

Liu Jing Ru (劉敬儒 1936 – )

(Notez que pendant cette période, Cheng fit de la prison pour avoir tué accidentellement l’un de ses élèves. Il était de coutume de taquiner le Maître, et l’un de ses élèves, voulant lui faire peur dans son sommeil, se retrouva avec la cage thoracique enfoncée par un coup de paume de Cheng Tinghua, qui le projeta violemment et le tua sur le coup.)

Il fut certainement le plus influent de tous les élèves de Dong Haichuan et l’aida énormément à propager l’essence du Bagua Zhang.

APPRENTISSAGE AVEC

DONG HAICHUAN (董海川)

En 1870, Dong Haichuan (董海川) était devenu très connu à Beijing (des recherches ont révélé qu’il arriva à Beijing vers 1865). Cheng avait environ 28 ans (vers 1876) lorsqu’il partit à sa rencontre pour améliorer ses compétences. Certains disent que Cheng était devenu ami avec Yin Fu (尹福) et Shih Chidong, deux des premiers étudiants de Bagua Zhang de Dong Hai Chuan, et qu’ils l’auraient encouragé à rencontrer le Maître.

Lors de leur première rencontre, Dong demanda à Cheng d’utiliser son Shuai Jiao contre lui. Cheng fit plusieurs tentatives pour l’attaquer mais ne réussit jamais à le toucher.

Il s’agenouilla alors et demanda à Dong de devenir son élève. À ce moment-là, Dong n’avait encore accepté que très peu d’étudiants. Bien que Dong eût enseigné les arts martiaux à de nombreuses personnes dans le palais du Prince Su (和碩肅親王), il est dit qu’il n’avait enseigné le Bagua Zhang qu’à trois personnes avant Cheng Ting Hua.
La majorité de ses élèves du palais apprenaient divers styles d’arts martiaux, mais peu d’entre eux apprenaient le Bagua Zhang.

Il fut donc l’un des principaux élèves de Dong Haichuan, et l’on considère qu’il fut l’un des seuls à avoir réalisé la quintessence de l’art ainsi que l’un des meilleurs enseignants du style. Il propagea son enseignement principalement à Beijing, où il forma de nombreux disciples et élèves.

Certains affirment que si les noms gravés sur la pierre tombale originale de Dong sont exacts et listés dans l’ordre d’apprentissage, alors Cheng serait le quatrième disciple de Dong, son nom apparaissant en quatrième position.
Les noms seraient :

  1. Yin Fu (尹福, 1840–1909)

  2. Ma Wei-Chi (馬貴, 1847–1941 ou 1851–1941)

  3. Shih Chi-Tung

  4. Cheng Tinghua (程廷華 1848-1900)

L’année où Cheng rencontra Dong est approximativement 1876. Dong mourut en 1882, ce qui signifie que Cheng étudia avec lui cinq à six ans au maximum.

Dong Haichuan était connu pour n’accepter comme élèves du Bagua Zhang que des pratiquants déjà compétents dans d’autres styles martiaux.
Il est dit qu’après avoir posé les bases du Bagua Zhang — marche en cercle, changement simple de paume, changement double de paume et changement de paume souple — Dong enseignait à l’élève selon son bagage antérieur.
Si ces informations sont exactes, on peut supposer que Dong enseigna à Cheng à partir de ses connaissances en Shuai Jiao.

Petite anecdote

Guo Yunshen (郭雲深, 1822–1902), célèbre maître de Xing Yiquan, représentant de la philosophie martiale du Xing Yi — préférant exceller avec peu de techniques plutôt qu’être médiocre avec beaucoup — avait une habileté légendaire dans le Beng Quan (崩拳 : « effondrement »).
On disait de lui : « Avec son Beng Quan et un demi-pas, il renversait la terre entière » (半步崩拳大於天下無敵手). Il était surnommé « l’Inébranlable » (不動達).

Il alla rendre visite à Cheng Ting Hua avant de défier Dong Haichuan, un autre natif du Hebei. Le disciple de Dong l’invita à dîner, et Guo voulut lui démontrer ses « poings divins dévastateurs ». Cheng pria Guo de reconsidérer sa volonté de défier le Maître, car Dong n’était pas un homme ordinaire.

Guo tenta alors de démontrer la vitesse de sa main, mais Cheng la bloqua instantanément avec ses baguettes. Furieux, Guo se dirigea vers le jardin et le défia à goûter la puissance de son poing broyeur.

Alors que Cheng ouvrait la porte, Guo explosa de colère. Cheng se retrouva instantanément derrière lui. Guo se retourna et frappa de nouveau avec un poing écrasant, mais Cheng se plaça encore derrière lui sans effort, puis rentra calmement dans sa maison, l’invita à nouveau et termina son repas avec lui.

Sa rage apaisée, Guo obéit.
Cheng lui expliqua alors qu’il ne souhaitait pas réellement combattre le célèbre « Inébranlable », mais qu’étant parvenu à éviter deux de ses poings écrasants, Guo devrait peut-être renoncer à l’idée d’affronter Dong Hai Chuan.
Étant tous natifs du Hebei, Cheng ne voulait ternir la réputation de personne. Guo le remercia, réfléchit à ses paroles et retourna dans la province du Hebei.

Guo Yunshen (郭雲深 1822 – 1902 célèbre maître de l’art martial Xing Yi Quan)

Partager son apprentissage

Les styles de Bagua qui affichent notamment une touche de Xing-yi Quan (形意拳) sont ceux enseignés par Cheng et ses amis Li Cun Yi (李存义 : 1847-1921) , Liu De Kuan (敬远 :1826 – 1911) et Zhang Zhoa Dong (張兆東 1865 – 1938 d’un cancer à la gorge) . Bien que tous les trois de ces maîtres Xing-Yi Quan soient enregistrés comme étant des étudiants de Dong Hai Chuan , il existe des preuves suggérant que Li, Liu et Zhang ont appris leur bagua à Cheng Ting Hua et non l’inverse .

Le lien entre le Xing Yiquan et le Ba Gua était probablement déjà formé lorsque Cheng Ting Hua et ses amis (Li Cun Yi, Zhang Zhao Dong, Liu De Kuan et Liu Wai-Hsiang) se sont réunis pour comparer leurs styles et apprendre les uns des autres (Li Cunyi, Liu De-Kuan, et Zhang Zhao Dong étaient tous des frères de boxe en Xing Yiquan du même professeur, Liu Chi-Lan (Liu Wai-Hsiang était un élève de Xing Yiquan de Zhang Zhao Dong).

Cheng Tinghua était un artiste martial très ouvert qui enseignait son Ba Gua à quiconque souhaitait l’apprendre. Il aimé rencontrer d’autres artistes martiaux pour comparer les styles et partager les techniques et les théories de ceux-ci . Il aimait également partager son savoir-faire en Bagua Zhang avec d’autres artistes martiaux. Cheng aurait été Le Maître Liu De Kuan, Li Cun Yi et Zhang Zhao Dong, mais comme ils étaient très compétents en Xing Yiquan et étaient donc ses pairs, il ne se sentait pas juste de les appeler ses « élèves ». ”Par conséquent, Cheng leur demanda de dire qu’ils ont appris leur bagua par eux-mêmes.

Mort

En 1900 lors de la période troublée de la révolte des Boxeurs (lorsque les 8 puissances occidentales envahirent la Chine),il s’est avéré qu’un groupe de soldats allemands recrutait de force des locaux  près de la porte Chung Wen à Pékin, où se trouvait le magasin de Cheng. Cheng était dans la rue à ce moment-là et les Allemands l’ont arrêté et ont essayé de le mettre en rang avec les autres. Cheng résista et voulait se battre. Il a peut-être battu quelques soldats pendant la lutte (certains de ses élèves prétendaient qu’il aurait tué une vingtaine de soldats)  mais lorsqu’il sorti un couteau court, les soldats ont dégainé leurs armes , un des gardes lui mit un coup de baïonnette et il se prit par la suite plusieurs balles. Blessé , Cheng essaya de courir et de sauter par-dessus un mur proche et mourut sur le toit de l’usine Hebo n° 4.  fut abattu. Il mourut le 14 août 1900 en héros à l’âge de 52 ans. Son corps fut ramené chez lui au péril de sa vie par son frère Cheng Dianhua et son fils aîné Cheng Youlong. Il fut ensuite enterré à la hâte à Louzizhuang , ville natale de son épouse, dans la banlieue est de Pékin. Plus tard, sa dépouille fut transportée au village de Chengjia, à Shenzhou (province du Hebei), et inhumée dans le cimetière familial des Cheng.

 

La paume en griffe du Dragon (龍爪掌)

Paumes arrondies

Gueule du tigre cerclée

Le tranchant du Dragon

La marche « Comme dans la Boue » (趟泥步)

La pointe du pied s’ouvre ou se ferme pour changer de direction

  Les mouvements se déploient selon un itinéraire circulaire

Introduction de techniques de lutte chinoise et surtout orientation de son Bagua vers des techniques de projection (Shuai Jiao)

Créations de nombreuses formes pour ses élèves

Dans cette période délicate où la régence tyrannique de l’impératrice douairière appuyait les révoltes des clans de boxeurs, Cheng Ting Hua fut érigé en héros car il enseigna son art très ouvertement . Il forme plusieurs élèves au cours de sa vie dont, entre autres, ses deux fils Cheng Yulong (程有龍 1875-1928) et Cheng Youxin (程有信 1895-29 Juin 1970 2ième fils) et son neveu Cheng Yougong (程有功 1875-1947) ainsi que de nombreux autres pratiquants: 
Feng Jun Yi (馮俊義) , Gao Ke Xing (高克興) , Sun Lu Tang ( 孫祿堂  22 décembre 1860 – 16 décembre 1933) , Liu De Kuan ( 刘德宽 1826 – 1911), Gao Yi Sheng (高義盛  1866-1951) , Yang Ming Shan, (楊明山) Zhang Chang Fa (張長發) , Zhang Yong De (張永德), Zhang Yu Kui (張玉奎), Zhou Yu Xiang (周玉祥) , Zhang Zhao Dong (張兆東 1866-1951), Geng Ji Shan (耿吉山), Guo Tong De (郭同德) , Han Qi Ying (韓啟英), Hon Mu Xi (洪慕熙) , Kan Ling Feng, Li Cun Yi (李存义 1847-1921), Li Han Zhang (李漢章), Li Wen Biao, Liu Bin ( 劉斌) , Liu Zhen Zong (劉振宗), Qin Cheng (秦成 1859-1940)., Yan Lingfeng (闞凌峰) ,  Li Wenzhao (李文彪) et Liu Zhenzong (劉振宗).
NB : Voici le lien de nôtre page YouTube sur une vidéo montrant une des trois formes ancienne dîte  » Du Dragon vert s’enroulant autour de sa queue  » (綠龍環繞著他的尾巴) exécutée par Maître Sun Zhijun. N’hésitez pas à vous abonnez à nôtre page !!!.

Posts récents

école du lion d’or

L’école du lion d’or, association Pai Liang Qiao, fut fondée en 2014 par Philippe Reus, élève du maître Hu Dong Liang, dernier descendant de l’école du Lotus Blanc.

Inscrivez-vous !

Inscrivez-vous pour recevoir la newsletter de l'école du lion d'or !